Même si la survie des animaux est possible, y a-t-il des raisons de l’admettre ?
Dieu est Amour. Cette phrase, les chrétiens la répètent inlassablement, mais beaucoup n’en saisissent pas toute la profondeur. Les hommes s’imaginent trop souvent que dans l’univers eux seuls sont aimés de Dieu . Quelle erreur prétentieuse ! Dieu a tout créé avec sagesse et amour. Il aime toutes Ses créatures, proclame la Bible (Sag. 11, 24).
Tout être vivant a le désir de vivr e et cherche à se maintenir en vie. Dieu aimerait-il les animaux s’il leur mettait au plus profond d’eux-mêmes ce désir, mais ne leur donnait la vie que pour un court moment et la leur reprenait ensuite définitivement ? Dieu ne voulait pas la mort des vivants. La mort, comme la souffrance, doit être tenue pour la conséquence du péché ; pas seulement la mort des hommes, mais aussi celle des animaux. « Dieu n’a pas fait la mort, affirme encore la Bible, Il ne se réjouit pas de la perte des vivants.
Il a tout créé pour que tout subsiste » (Sag. 1, 13).
L’idée que Dieu rendra la vie à tous les êtres vivants et pas seulement aux hommes est tellement plus conforme à ce que nous savons de la bonté infinie du Créateur ! Quel sens étriqué ils ont de Dieu, ceux qui ne veulent pas l’admettre ! Pourquoi vouloir restreindre Son amour à certaines créatures ? Alors qu’il se déverse en torrent sur tout ce qui existe aux cieux et sur la Terre.
Certains ricaneront en arguant que la survie des animaux est matériellement impossible : où Dieu mettrait-il les milliards de milliards d’animaux qui ont vécu et vivront, des monstres préhistoriques aux insectes minuscules ? Question oiseuse de ceux qui n’ont rien de sérieux à dire. Est-ce un obstacle pour le Dieu Tout-Puissant qui a fait de rien le ciel et la Terre ? « Rien n’est impossi ble à Dieu », répond l’ange Gabriel à Marie.
Une autre raison postule la survie des animaux : le sort malheureux de la plupart d’entre eux sur terre. D’une manière ou d’une autre, la justice de Dieu doit compenser tant de souffrances et tant de misères. Autrement, comment oser soutenir que Dieu est juste et bon ?
Puisque cette compensation n’a pas lieu avant la mort, il faut qu’elle ait lieu après. Pourquoi les théologiens ne sont-ils pas partis d’évidences aussi simples pour bâtir leurs systèmes ? Pourquoi ont-ils privilégié l’intelligence plutôt que l’amour ?
On objecte que, n’étant pas des personnes, les animaux n’ont pas de destinée propre , que chaque individu n’existe que pour l’espèce et non pour soi-même. Encore une affirmation gratuite qui ne résiste pas à l’expérience. Chaque animal a une personnalité propre . Au moins, les animaux supérieurs en sont conscients et vivent une vie individuelle comme une vie propre. On prétend aussi que les animaux n’ont été créés que pour et que leur souffrance trouve sa compensation dans la fin ultime de ce dernier ; ainsi le bonheur éternel de l’homme compenserait les souffrances des animaux. Encore un de ces raisonnements tordus qui ne peuvent satisfaire ceux qui réfléchissent sérieusement.
Cela dit, je n’ai pas la prétention d’éclaircir tout le mystère de la survie des animaux. Verront-ils Dieu face à face ? C’est peu proba ble , car il semble que l’homme seul, créé à l’image de Dieu et qui est esprit , puisse saisir directement Dieu, qui est Esprit. Mais ils sentiront quand même la présence béatifiante de Dieu. Sans doute vivront-ils dans l’univers transformé par Dieu à la fin des temps, mais nous ne pouvons pas nous représente r, même de manière vague, quel genre de vie, pas plus que pour l’homme d’ailleurs. Peu importe, l’essentiel est de savoir qu’ils seront heureux.
Méditation extraite du livre Les animaux, nos humbles frères
Première partie et seconde en vidéo :
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A propos du bonhomme
Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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