L’écureuil amoureux – Christian Satgé

Petite fable affable
Le porte-feuilles en peau de hérisson
Mais n’écoutant ni conseil ni leçon,
Au beau mois de mai venu et qui vente,
Un écureuil, vrai farfadet des futaies,
Qui voulait aimer pourtant s’épouvante,
Lui, d’être aimé, au son de ces flûtets
Qu’Éole trouve en forêt si vivante.
Au sol, le froidureux printemps laissa
Comme un lit offert aux plaisirs forçats
Brindilles brisées, herbe roussoyante,
Mais lui préférait, hélas, fleureter
Avant que de coqueliquer fuyantes
Mignardes et mignottes en aparté,
Sous couvert de ramures accueillantes.
Quand les siens lui demandaient :
« Pourquoi tant se compliquer, grand dadais,
Le travail d’Eros et celui des roses ? »
Il répondait, d’un air des plus profonds,
Son panache cachant son air morose :
« Pour bâtir haut il faut creuser profond
Même pour des sentiments restant prose ! »
© Christian Satgé – septembre 2018
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Christian Satgé

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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