Le premier vers de la fable de La Fontaine “Le loup et l’agneau” nous dit que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Dans l’esprit du fabuliste, cela signifie que, lors d’un débat ou d’un conflit, le vainqueur est toujours celui qui, par nature, est le plus fort : quel que soit le bien-fondé des arguments de son adversaire, il aura raison de lui et arrivera à ses fins. Ce proverbe sous-entend une loi « naturelle » avec laquelle la justice n’a que peu à voir. Son utilisation, le plus
souvent pleine d’ironie, peut atteindre le cynisme. Dans les sociétés modernes, il faut maintenant comprendre le sens de “plus fort” par “plus compétent”, “plus riche” ou “plus influent”. On s’éloigne alors de la notion de force physique. Demeure alors la question suivante :
« A quoi cela sert-il d’avoir raison ? »
Sur les réseaux sociaux et dans les médias – souvenons-nous que nous sommes en « médiacratie » -c’est l’influence qui fait la force. Ces réseaux d’influence ont abouti à l’essaimage de tous les complotismes. Complotismes d’ordre médical, politique, idéologique ou même religieux.
Le moins visible me semble être ce dernier. Prenons par exemple le cas des apparitions mariales dans le monde. Un réseau concerté de 3 tours opérateurs, dont l’un fondé par un voyant ayant avoué sa supercherie, organise des « pèlerinages » vers tous
les lieux d’apparition mises en scène par les hommes, souvent des hommes d’argent. Les pèlerins abusés en reviennent gonfler à bloc et alimentent le complot, prétendant qu’eux seuls ont raison contre le reste du monde, contre les scientifiques, contre les historiens et bien sûr contre la commission d’experts du Vatican.
Se chamailler, batailler avec ces personnes serait pure perte de temps et d’énergie.
J’avoue à percevoir à quel point il est vain de chercher à prouver que l’on a raison. La force du « on dit », du complot, de la désinformation, n’est pas du domaine de la justesse, ni de la justice. J’en viens à conclure qu’il faut répondre en chanson à ces personnes ayant tort en toute bonne foi. Pour ma part je me chante ‘Si elles veulent s’appeler Venise, prenez-les donc bien au sérieux, n’essayez pas de trouver mieux ».
Faute d’être entendu, il me restera à revisionner le film de Raymond Devos :
« La raison du plus fou ».
David et Goliath démentent ces affirmations l’Ukraine bientôt le démontrera et si pour une fois La Fontaine avait tort?