Jardinier en question – Martial Havel

Agenouillé dans mon jardin,
J’arrache les mauvaises herbes,
Et ne garde que les quelques fleurs
Qui ont résisté à l’été.
Mais qui m’autorise à donner la mort
A des plantes qui ne me plaisent pas ?
Comme les arbres autour, comme mes fleurs,
Elles sont porteuses de vie.
D’un coup, j’ai honte de mes gestes
Même si je continue d’arracher,
Même si je suis fier de mes massifs bien propres.
Peut-on supprimer des vies qui nous déplaisent ?
D’autres l’ont fait tout au long de l’Histoire.
Mais c’étaient des hommes qu’ils supprimaient.
Et moi, ce ne sont que des petites plantes
Qui perturbent l’harmonie de mon jardin,
Et prennent la place de mes semences.
Mais demain, suis-je certain que je ne serai pas tenté
De chasser ou de supprimer tout ce qui me gène
Ou que je n’aime pas ?
D’autres l’ont fait.
Cette question un peu folle salit mon plaisir.
Je quitte mon jardin.

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©Martial Havel

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Martial Havel

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Après avoir connu plusieurs vies, d'abord à Paris, dans ma jeunesse, puis comme officier de marine sur de gros pétroliers, dans le Médoc ensuite, en qualité de fonctionnaire puis de chef d'entreprise, j'ai posé définitivement mon sac à La Rochelle, lorsque j'ai pris ma retraite.

Marié, père de famille, divorcé, j'ai connu longtemps la solitude avant de retrouver la joie de l'amour. A proximité de la mer dont je ne peux me passer, entouré de nombreux amis, j'ai rassemblé dans un premier recueil intitulé "Ebauches" des poèmes écrits au cours des dernières années. Ces textes parlent de l'océan, de la solitude, de l'amour et sont agrémentés de quelques fantaisies sur des sujets divers.

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