Comme un mégot sur le trottoir – Jean-Marie Audrain

 

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

On se croirait parfois utiles

A rhabiller Jacques, Paul et tant

Leur cédant nos habits futiles

Comme saint Martin en son temps.

 

Du temps c’est toujours ce qu’on donne

Sans compter car qui veut aimer

N’entend pas le coucou qui sonne

Lui disant que l’heure a sonné.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

A côtoyer les gens des rues

Tentant de leur trouver un toit

Son chez soi, on ne le voit plus

Même scénario à chaque fois.

 

Si chacun faisait son travail

De bénévoles il n’y aurait plus

Mais le social, vaille que vaille

Tourne au bureau, non dans la rue.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

“Mais tout cela chacun le sait

Même si on laisse des gens crever

D’autres que nous sauront s’user

Et puis au fond nul n’est parfait”

 

Les casquettes sont à cumuler

Car une seule ne suffit pas

Pour guérir et pour consoler

Les mille tracas d’ici-bas.

 

On me dit « Saint Bernard un jour

Celui de Jésus ou Buddha

Tu devras le rester toujours

Au ciel on te remerciera ».

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

Comme un mégot sur le trottoir

Je me sens dedans comme dehors

Tout écrasé et noir de noir

Piétiné une fois trop fort.

 

A écouter ici en chanson :

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (998)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Lescarcelle Nicole
Invité
Lescarcelle Nicole
25 mars 2026 16 h 03 min

Je te tire ma révérence …
Un énorme bravo pour ta vérité 👍

Soucachet Bruno
Invité
25 mars 2026 7 h 08 min

Bravo à tous les commentateurs qui ont bien sais la magie de ce poème, qui allie la détresse de celui qui se sent méprisé, mal aimé, et perdu dans sa vie ; et celui qui se sent épuisé, peu utile, mais éperdu de la paix d’avoir été avoir été un poil présent à la personne qui n’en pouvait plus d’elle même.

Daisy FERRERE
Invité
Daisy FERRERE
24 mars 2026 20 h 44 min

Bonsoir Jean -Marie, merci pour cette chanson pétillante qui me fait en effet réveiller avec des paroles si vraies et un refrain coup de poing !

Lauvergne Clothilde
Invité
Lauvergne Clothilde
24 mars 2026 13 h 25 min

Magnifique !

Dominique David
Invité
Dominique David
24 mars 2026 12 h 38 min

Merci Jean Marie pour ce social partage musical et Poétique et joli mardi ensoleillé de l’Anjou bisous Domi

Maud Chausson
Invité
Maud Chausson
24 mars 2026 10 h 34 min

Comme un mégot. Je me sens souillé et noir ! La vie n’est pas toujours simple. !

DANIEL Jacqueline
Invité
DANIEL Jacqueline
24 mars 2026 10 h 22 min

Whouahou !!!! Trop beau !!!!

Gérard Lepoutre
24 mars 2026 10 h 16 min

Bonjour Jean-Marie,

“Comme un mégot” sur le bitume,
Comme une cigarette qui se consume,
Comme un Ninas dans la mélasse,
Comme un cigare près d’un bar,
Non d’une pipe !

“Si chacun… ”

Cordialement.
G.L.

Plume de Poète
Administrateur
24 mars 2026 10 h 01 min

Très beau texte et belle chanson, bravo Jean-Marie, que de ressenti et de clichés, magnifique !👌

Libert Frédéric
Invité
24 mars 2026 10 h 01 min

L’indifférence de la détresse humaine
Le petit confort de la bourgeoisie bien pensante
La pauvreté des misérables comme Hugo le dénonçait si haut, si fort.
Soyons fraternelles, soyons dans la compassion et non dans la peur.
Anarchie Vaincra !

parseghian viviane
Invité
parseghian viviane
24 mars 2026 9 h 32 min

C’est beau, fort, bordé de solitude et d’humanité …j’ai vraiment aimé…🙏✍️🎀

Olivier Jacob de Cordemoy
Membre
24 mars 2026 9 h 00 min

J’ai une amie qui a beaucoup aimé (mais moi aussi) !