Clé de l’orthographe n° 14 – Sans et négation – Sandrine Marcelly

Clé de l’Orthographe n° 14

Je trouve souvent, dans les manuscrits que je corrige, « sans » suivi d’une négation.

Voici un exemple FAUX : « Je suis allée faire les courses sans que mon mari ne m’ait dit s’il avait besoin de quelque chose. »

Pourquoi le « ne » est-il une erreur ? Pour la simple et bonne raison que la négation est par définition incluse dans le mot « sans », qui contient une notion d’absence. En rajoutant « ne », on apporte donc une négation dans une autre. Cela pourrait devenir une affirmation (vous n’êtes pas sans savoir = vous savez, où « ne » est avant « sans »), mais ça ne fonctionne pas ici, la phrase n’a plus de sens.

On se demande aussi, quand « sans » est suivi d’un nom, si on doit utiliser un singulier ou un pluriel. Bonne question. Dans ce cas, on doit s’interroger : combien y aurait-il de « noms » s’il y en avait.

Prenons deux exemples pour que ce soit plus clair :

  • « Je vais mettre une veste sans manches. » Si elle avait des manches, ma veste en aurait deux, je mets donc un pluriel même dans la phrase négative.
  • « Cet homme est sans cœur. » Dans une phrase affirmative, cet homme aurait un cœur ou du cœur ; quoi qu’il en soit, ce serait du singulier, donc on reste sur du singulier.

Alors, faisons des phrases sans y ajouter de négation superflue, et sans faute(s) (vous mettez le s si vous pensez que vous en auriez fait plusieurs…)

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Sandrine Marcelly

Sandrine Marcelly (34)

Un bac littéraire, des études de langues et de linguistique, une vie avec des livres dans les mains… Je suis une maniaque de la langue, des mots, de l’orthographe, au point que mes deux précédents employeurs m’ont chargée l’un de corriger son site internet avant de le mettre en ligne, l’autre de contrôler toute sa communication pendant 10 ans (newsletters, catalogues, plaquette, mails importants…)
Je supporte de moins en moins de trouver des fautes dans des livres, des journaux, des publications sur internet ou ailleurs. J’avais donc 2 solutions : continuer à râler dans mon coin, sport national s’il en est, ou agir. J’ai testé la première, sans grand résultat. Je suis donc devenue correctrice relectrice indépendante, pour apporter ma pierre à l’édifice de façon constructive, parce que c’est tellement plus agréable de lire en texte bien écrit, sans fautes !

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Martyne Dubau
Modérateur
11 octobre 2021 0 h 50 min

je suis partie sans mes chaussettes mais pas sans chaussures
et sans tarder me suis assise sans lui !

Dernière publication 3 Mois Texte commenté il y a par Martyne Dubau
Plume de Poète
Administrateur
9 juillet 2021 11 h 46 min

Merci Sandrine, “sans vous” nous serions perdus dans le labyrinthe de la langue française