Clé de l’orthographe 28 “Je n’en (n’)ai pas ?” – Sandrine Marcelly

Clé de l’orthographe 28 “Je n’en (n’)ai pas ?”

Clé de l’Orthographe n° 28

Parlons aujourd’hui d’une erreur qui, même si ce n’est pas la plus fréquente, revient régulièrement dans les manuscrits que je corrige ou dans les publications qu’on trouve à droite et à gauche : le doublement de la négation « n’ » de cette façon : je n’en n’ai pas…

Pourquoi est-ce une erreur ? N’est-ce pas une double négation ? Pas du tout. La double négation, c’est « ne… pas », composée de deux mots, donc double. On le précise pour la simple et bonne raison qu’à l’oral, on a tous tendance à abandonner le « ne » ou « n’ » et à utiliser une « négation simple » :

Exemple : J’ai pas de pain, je vais devoir aller en acheter !

Si, si, on la fait tous, cette faute, et on la fait en pleine connaissance de cause ! Moi la première, d’ailleurs !

Et pourquoi a-t-on tendance à ajouter un « n’ » de trop, alors ? Tout simplement parce qu’on confond la liaison de « en » avec la voyelle qui suit avec une négation. Alors, de peur d’oublier une négation, on en met deux. Mais comme on dit, le mieux est parfois l’ennemi du bien, c’est le cas ici.

Maintenant qu’on a dit cela, comment faire pour ne pas se tromper ? Utilisons un petit truc très simple : dans un premier temps, vous écrivez votre phrase sans « en », même si vous sentez qu’elle est bancale telle quelle.

Exemple : Je n’ai plus, je vais devoir aller en acheter !

Dans votre tête, vous savez que vous n’avez plus de pain, par exemple.

La phrase est grammaticalement correcte. Vous n’avez plus qu’à ajouter « en » à la bonne place, et le tour est joué, ça marche à tous les coups :

Exemple : Je n’en ai plus, je vais devoir aller en acheter !

On a bien qu’un « n’ », et on n’arrête de se torturer les méninges… Non, bien sûr, on arrête (ces liaisons, alors !)…

 

Vous voulez plus de clés de l’orthographe ? Les deux recueils sont là pour ça, sur www.abcorrecteur.fr ou directement auprès de moi.

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Sandrine Marcelly

Sandrine Marcelly (35)

Un bac littéraire, des études de langues et de linguistique, une vie avec des livres dans les mains… Je suis une maniaque de la langue, des mots, de l’orthographe, au point que mes deux précédents employeurs m’ont chargée l’un de corriger son site internet avant de le mettre en ligne, l’autre de contrôler toute sa communication pendant 10 ans (newsletters, catalogues, plaquette, mails importants…)
Je supporte de moins en moins de trouver des fautes dans des livres, des journaux, des publications sur internet ou ailleurs. J’avais donc 2 solutions : continuer à râler dans mon coin, sport national s’il en est, ou agir. J’ai testé la première, sans grand résultat. Je suis donc devenue correctrice relectrice indépendante, pour apporter ma pierre à l’édifice de façon constructive, parce que c’est tellement plus agréable de lire en texte bien écrit, sans fautes !

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Martyne Dubau
Modérateur
18 décembre 2021 1 h 14 min

Merci pour ces rappels bien utiles
l’esprit d’un adulte oublie parfois
et s’entête souvent dans ses erreurs
croyant ne pas en faire .