Chanson populaire – Christian Satgé

Authentiquement fausse…

Les bergères et les servantes,
Bien que nulle ici ne s’en vante,
Un peu grisées de vin rosé,
L’image paraîtra osée,
Voient, dans l’aube encore dormante,
Les jeunes pelouses charmantes
S’emperler de tiède rosée,
Des boutons prêts à exploser.

Revoilà le printemps
Parti depuis longtemps…
Revoilà le printemps
Et ses désirs tentants…

Les bergers, les gars, l’âme aimante,
Sentent que vient, va, s’activante,
La suave sève qui, déjà,
Ranime branches et goujats,
Raidis dans les ombres mouvantes
Des robes dans l’aube enivrante.
Le bourgeon éclôt, sans gandja,
Et coule le sirop d’orgeat !

Revoilà le printemps
Tout en tendres instants ;
Revoilà le printemps
Et ses plaisirs, s’entend !

Là, bergers et servantes
Avec leurs étreintes ferventes
S’éveillent des sens trop soumis,
Boivent à la source endormie,
Goûtant en ces heures vivantes,
Et dans nombre de leurs suivantes,
Un fruit peu défendu, ami
Du bon temps loin de la lamie…

Revoilà le printemps
Que tant l’on attend,
Revoilà le printemps
Fêté sans contretemps !

© Christian Satgé – juillet 2014

0 0 votes
NOTER LE TEXTE

Nombre de Vues:

41 vues
Christian Satgé

Christian Satgé (834)

Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

S'abonner
Me notifier pour :
guest
4 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
Invité
13 novembre 2018 17 h 46 min

Il n’y a pas besoin de musique pour se mettre à danser. Mais comment faites-vous donc pour nous entraîner à chaque fois dans votre sillage avec autant de joie ? Bien amicalement. Serge

Invité
13 novembre 2018 15 h 44 min

Voilà,un texte printanier, rempli de jolis symboles et de bourgeons.Merci Christian, amitiés.