Eclairé par une lune qui s’estompait,
De mon ennui, j’aimerais m’égarer
Dans les instants d’écriture et abuser
De l’envie de tout pouvoir raconter.
Souligner les maux qui plus tard s’effacent,
Avec le temps, tout s’oublie, même les peines.
Regarder un enfant qui mange une glace
Et prendre le temps de vivre les heures les plus vaines.
Laisser l’imagination nous diriger
Et ne jamais se lasser de vivre.
Peu importe la direction indiquée
Je veux voguer comme ce bateau ivre.
A travers les brouillards et sur les buvards
Me perdre le temps d’un soir
D’un stylo-plume, j’esquissais
Des idées sur du papier mâché.
Quelques lignes, dans le brouhaha de la ville
Qui se meurt sous les pénombres du soir,
La lumière des lampadaires pour compagnon
J’écris avec une musique qui n’est point si vil.
J’ai trop attendu, maintenant il pleut sur Poitiers,
Et de mes feuilles griffonnées, l’encre se mélange
Formant sur le papier qui commence à gonfler
Une image troublante comme celle d’un ange.
Et tout est à recommencer, ainsi va la vie,
Eternelle roue qui sans cesse tourne sans s’arrêter.
D’une nouvelle page, écrire une histoire passée
Dans une alcôve, une chambre ou même sur un lit.
Avec le temps, nous avons toujours une histoire
A raconter à un lecteur, à des amis, et l’heure
Disparaissant lentement de notre mémoire,
Nous a permis de nous rencontrer avec bonheur.
Partager quelques écrits,
Juste entre amis, qui nous lient
Et se perdre dans la pénombre du soir,
Trinquer à la santé et d’un coup boire
Se rappeler de ses meilleurs moments
Comme dans le cercle des poètes disparus
Ceux qui ont osé se mettre à nu,
Même si cela ne dure qu’un temps.
Avec le temps nous nous rappellerons
De ces merveilleux moments.
Avec le temps les récits resteront
Sur des imprimés devenus anciens.
Avec le temps,
Eclairage de notre passé
Avec le temps
Se lire et se répéter.
Le temps ne s’arrête jamais,
Et de nos écritures publiées,
Nous vivrons à travers elles
Comme une lune qui se révèle si belle.
Avec le temps,
Eclairage de notre passage
Avec le temps
Repartir d’un pas sage.
***
©Hubert Tadéo Félizé