Les mots de l’Armure.
Contre
Les mots du Cœur.
J’aimais les mots compliqués.
Ceux qui donnent, lorsqu’on les prononce, l’illusion d’être plus grand.
Alors j’ai bâti une armure.
Chaque certitude, une plaque de métal.
Chaque raisonnement, une couture.
Chaque idée compliquée, une boucle de cuir.
Et pourtant…
Un sourire de toi trouvait toujours la fente.
Alors j’écoute.
J’écoute notre vie.
J’écoute le bruit avant qu’il ne disparaisse.
Et soudain,
tout devient simple.
Quand tu parles, je souris.
Quand tu souris, je parle.
Parfois, certains sourires savent faire taire la solitude.
Alors mes remparts deviennent fenêtres.
Et, dans le silence de notre quotidien,
un repas partagé vaut davantage que toutes mes certitudes.
Car derrière les mots compliqués,
derrière les cathédrales de raisonnements,
derrière les certitudes que j’empilais,
il n’y avait pas un esprit supérieur.
Seulement un homme.
Un cœur battant contre ses propres murs.
Et ce besoin ancien,
presque honteux,
d’être aimé.
Les mots de l’Armure.
Les mots du Cœur.
Et entre les deux,
le doute est la bénédiction du vivant.