Rictus – Richard Daurel

 

Le soleil déployait un long rictus de cuivre

Sur la plaine infinie des vignes sang et or,

Où le manteau du soir étalait le décor

D’un mystère sans fond pour tous les gens du Livre.

 

Sous le ciel délavé tel un iris de veuve,

La terre lourde et grasse aux effluves charnels,

Semblait se fondre dans les contours éternels

Des marais argentés où serpentait le fleuve.

 

Là, où la lande brune et la mer s’entremêlent

 

Dans l’air du large , humide ainsi que le désir,

Ta chevelure d’or se livrait au zéphyr

Grinçant dans les roseaux comme des violoncelles.

 

Toi qui savait pleurer de joie peux-tu me dire,

Lorsque tes pas foulaient le sable ou le gazon,

Quel rêve te berçait dans l’arrière-saison,

Accrochant sur ta face un étrange sourire ?

Richard Daurel

Richard Daurel (17)

Né en 1944,et bien qu’ayant fait carrière dans les T.P.( chantiers autoroutiers),j’ai toujours aimé les belles lettres depuis l’enfance, toujours en admiration pour les grands romantiques, symbolistes, …etc, et d’une manière générale pour les écrivains aux phrases ” bien ficelées”. La poésie reste pour moi une distraction, un passe-temps, une espèce de “jeu de lettres”, éclairé ( de temps à autre !) par les lumières de la Méditerranée.

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