
Le soleil déployait un long rictus de cuivre
Sur la plaine infinie des vignes sang et or,
Où le manteau du soir étalait le décor
D’un mystère sans fond pour tous les gens du Livre.
Sous le ciel délavé tel un iris de veuve,
La terre lourde et grasse aux effluves charnels,
Semblait se fondre dans les contours éternels
Des marais argentés où serpentait le fleuve.
Là, où la lande brune et la mer s’entremêlent
Dans l’air du large , humide ainsi que le désir,
Ta chevelure d’or se livrait au zéphyr
Grinçant dans les roseaux comme des violoncelles.
Toi qui savait pleurer de joie peux-tu me dire,
Lorsque tes pas foulaient le sable ou le gazon,
Quel rêve te berçait dans l’arrière-saison,
Accrochant sur ta face un étrange sourire ?