J’avançais sur un chemin vaporeux, des brumes blanchâtres m’enveloppaient. Mes pas étaient amples et lents. Ce n’était pas éclairé et pourtant j’arrivais à y voir dans ce brouillard translucide. Je marchais droit devant moi.
Soudain, une lumière éclatante, tel un sémaphore m’attira comme un insecte fasciné par le halo d’un réverbère. Je n’avais pas peur mais ma réalité était intense. En me rapprochant, je vis un trou d’environ 5 mètres de circonférence. Comme un gouffre plein d’une sorte de fumée dense qui remontait comme les résidus vaporeux de précipités chimiques et blanche comme du plâtre. Elle ne débordait pas du trou et ne sentait rien. Lorsque j’arrivais devant, je constatais que je pouvais voir au fond malgré l’épaisseur des brumes.
Alors m’arrivèrent des voix dont une m’était familière. C’était celle de ma grand-mère maternelle décédée en 1972. Je me penchais et je vis plusieurs formes ressemblant à des visages. Elles ne faisaient pas de gestes. Parmi ces formes, je l’aie reconnue. Je savais que c’était elle ! Sa voix était douce et rassurante. Puis d’autres tout aussi amicales se présentèrent et je sus que toutes appartenaient à ma famille des 2 côtés de mes parents et que je ne connaissais pas. Il régnait un calme et une sérénité extraordinaires. J’étais bien ! On eu dit que l’atmosphère était chargée d’amour. Ces voix m’engageaient à venir les rejoindre.
Tout à coup, un jeune homme barbu, vêtu d’une aube immaculée et ressemblant à l’image de Jésus Christ que l’on voit dans les églises, monta dans les airs. Comme s’il s’élevait grâce à un ascenseur invisible. Je ne voyais pas ses pieds. Sa tête s’arrêta à 1 mètre environ du bord. Les voix m’appelaient toujours « Viens Philippe, tu verras, tu seras bien avec nous ». L’amour émanait de cet homme. D’instinct il inspirait confiance. Il me sourit et me dit avec une voix très douce « Tu vois, ils t’attendent. Il ne tient qu’à toi d’aller les rejoindre » Les appels se firent plus pressants. J’étais tenté pourtant j’hésitais. L’homme en blanc sentit mon trouble et me rassura « Personne ne t’oblige ! C’est toi et toi uniquement qui fera le choix de descendre ou pas »
Je restais toujours devant ce gouffre. Je savais qu’il fallait que je prenne une décision mais je n’étais pas stressé. Ni les voix, ni l’homme ne montraient d’impatience mais elles continuaient de m’inciter à sauter le pas. J’étais maintenant tout au bord. J’étais bien ! Je savais que si je me lançais, je pouvais dire adieu à ma vie sur terre. C’était ma mort qui était dans ce trou. Je le savais mais j’étais si bien ! Et puis je pris ma décision. Je mis ma jambe droite au dessus du vide … et soudain, au dernier moment, je me projetais en arrière !!!
Et me réveillais en sursaut, le cœur battant à tout rompre ! Mon épouse qui dormait paisiblement se réveilla promptement et, inquiète, me demanda « Qu’est-ce qui t’arrives ? » J’étais encore bouleversé et je lui répondis « J’ai eu l’impression que j’allais mourir ! ». J’avais tellement vécu ce rêve intensément que j’étais sûr d’avoir échappé à mon trépas. Je lui racontais mon rêve encore sous le coup de l’émotion. « Si je n’avais pas fait ce bond en arrière, je serais mort ! » J’en étais convaincu !
Peu à peu, je retrouvais mon calme et repensais à cet amour qui inondait encore mon esprit.En parlant de ce rêve, je ne parle pas de cauchemar, à une amie, elle émit une hypothèse intéressante. Elle me dit que j’avais peut-être revécu ma naissance. L’homme en blanc, ça aurait pu être l’accoucheur. Les voix, ma mère, les sages femmes et peut-être ma grand-mère bien que je ne sache pas si Mémé avait assisté à ma venue au monde.
Aujourd’hui, je ne crois toujours pas en Dieu mais je dois avouer que ce rêve m’a perturbé. Cet homme en blanc et son étrange ressemblance avec Jésus est quand même surprenant. En attendant, je me dis que si la mort ressemble à ce que j’ai vécu cette nuit là, alors, je peux mourir tranquille !!! Je sais que je n’aurais pas peur !!!
Philippe Dutailly
1981
Bonsoir Philippe ! je viens de lire votre récit et je le trouve passionnant. Passionnant pour plusieurs raisons : je me suis toujours intéressée à l’Au-delà et ce que vous racontez, je l’ai lu dans des témoignages de personnes dont l’heure n’était pas venue pour elles de partir. Par contre, il n’était pas question de gouffre mais d’un tunnel. Je suis comme vous Philippe : je ne crois pas en Dieu mais “si” cela se passe comme dans votre rêve, comme dans les témoignages mentionnés plus haut, alors oui, le passage de l’autre côté sera moins éprouvant pour vous et moi.
Cette lumière dont on parle temps, quelle est-elle? Merci de ce témoignage et de vos mots Philippe
on a dit tant de choses de cette lumière blanche
qui nous emportera vers un monde lumineux et serein
si je la vois un jour prochain , elle ne me fera pas peur !
merci pour ce témoignage bien conté
Philippe
Votre rêve étrange m’a replongé dans un rêve que j’ai fait après avoir enterré ma belle sœur !
je montais des escaliers qui n’en finissaient pas dans un grand hôtel sombre et arrivée en haut une grande pièce avec une lumière fluorescente où se trouvaient des hommes en blanc dont l’un disait qu’il était Dieu ! Alors je lui ai demandé « où sont les femmes et les enfants ? Pas de réponse je me suis réveillée !
Vous êtes la première personne à qui je confie ce rêve étrange !D’ailleurs après ma sortie de coma de mon A V C? j’ai continué à faire des rêves troublants !
A présent ces rêves ont cessé heureusement
Bonne soirée dans des rêves plus lumineux!Colette