Mission possible – Jean-Marie Audrain

   Le titre de cette nouvelle minute philosophique ne renvoie ni à une chanson ni à une série mais au film Mission de Rolland Joffé. A son début, on y voit Robert de Niro dans le rôle de Rodrigo Mendoza, maître des chasseurs d’esclaves, provoquer son frère en duel et le tuer.

 

Le poids de son méfait étant trop lourd pour lui, il s’engage derrière Frère Gabriel, jésuite missionnaire interprété par Jeremy Irons, et part rejoindre les Guaranis d’Amérique du sud trainant derrière lui un immense filet rempli de ses effets de combattant (casaque, armure, casque, épée etc). Il pensait partir ainsi assurer sa rédemption, mais le poids de ce filet représentant son lourd passé l’empêchait de gravir la montagne en haut de laquelle vivaient les Guaranis aussi Frère Gabriel jugea t-il pertinent de sectionner la grosse corde avec laquelle il trainait cet énorme filet représentant le Mendoza d’avant et celui-ci chuta dans le vide.

Que retenir de cet épisode ?

Cherchons un parallèle dans les textes scripturaires ; Dans le livre de la Genèse, deux anges demandent à Loth et à sa femme (que la tradition hébraïque nommera Edith) de quitter Sodome et surtout de ne pas regarder en arrière, ce que la femme de Loth ne put s’empêcher de faire et elle fut immédiatement transformé en statue de sel.

Dans les deux cas, on constate que qui ne prend pas fermement la résolution de rompre avec son lourd passé n’a plus d’avenir. Il faut faire acte de courage et de foi au sens où il faut croire en soi en tant que nouvel homme ou nouvelle femme. Mendoza s’était réduit et identifié à un meurtrier et ne pouvait plus avancer, comme la femme de Loth qui avait figé son regard sur Sodome.

Parfois, la difficulté vient du fait qu’il ne s’agit pas seulement de laisser quelqu’un rompre une corde, comme pour le pesant filet de Mandoza, mais de prendre conscience des chaines qui nous relient à la fois à notre passé et à celui de notre famille. Pour sortir de la violence, de l’alcool, de la dépression etc, il faut parfois avoir recours à ce que l’on nomme la guérison ou la délivrance de l’arbre généalogique car tout cela ferait partie de notre héritage. La mise en œuvre de cette démarche a été traité dans un précédent texte posté sur ce site.

Ayant parlé, il y a peu, de la pleine conscience, de la jouissance du présent, il suffit de se rappeler que cela ne sera possible qu’après rupture des cordes ou des chaines du passé, faute de quoi nous n’aurons pas d’avenir et notre présent demeura assombri par l’ombre de notre passé.

 

 

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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1 Commentaire
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Colette Guinard
20 novembre 2021 10 h 37 min

Très enrichissante votre minute philosophique, chaque jour ,je vous écoute Merci! Bonne journée Colette