Mélodie pour une amitié – David Frenkel

L’amitié est au bout du rouleau

Pourvu qu’elle ne prenne pas l’eau.

L’amitié prend des vacances

Honni soit qui mal y pense.

 

L’amitié s’accorde une pause

Voyons, c’est dans l’ordre des choses.

Amitié, tu manques à ton devoir

Quand est-ce que je pourrais te revoir ?

 

Amitié, tu passes sur mon anniversaire;

Lorsque je pense à ton oubli, mon cœur se serre.

Amitié, tu ne viens plus à ma table;

Te remémores-tu les mots aimables.

 

Amitié, nos rencontres au café,

De fausses excuses les ont biffées.

Amitié, j’aimerais avoir de tes nouvelles;

Au moins, fais-moi savoir si l’existence est belle.

 

Amitié, dis moi que tu n’as pas contre moi

Une rancune qui me maintient loin de toi.

Prochainement, une amitié reposée

Fouettera les relations sclérosées.

 

Dans le futur, l’amitié revigorée

Réveillera les natures timorées.

Demain, une amitié de seconde jeunesse

Vaincra une accumulation de maladresses.

 

Bientôt, l’amitié donnera sa parole

Aux joies; elle les coiffera d’auréoles.

Demain, l’amitié célébrera ses trois ans;

L’oubli fâcheux n’en sera que plus amusant.

 

Prochainement, l’amitié viendra s’asseoir

Près d’un visage pleurant de désespoir.

Demain, l’amitié et des sympathies accrues

S’embrasseront un matin au coin d’une rue.

 

Dans un proche avenir, l’amitié te dira :

“Ma vie brille comme l’or à mille carats.”

Demain, l’amitié transformera les rancœurs

En des affections qui réchaufferont nos cœurs.

 

David Frenkel

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Je me suis un jour juré de faire cohabiter sur une feuille blanche le verbe et son sujet. Le sujet se rebiffe souvent lorsque le verbe brasse du vent. Vers l’âge de cinquante-six ans, ma plume trépigna d’impatience, elle désirait voir si les deux, après entente et plus, enfanteraient en direct et en toutes circonstances un complément. Je la pris par la main et la promenai le long de mes pages, et en rebroussant souvent chemin. Le front en sueur, elle aperçut après des heures de marche le nouveau-né, la prose d’un écrivain que la vie avait malmené.

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