XXI – L’heure du grand choix
Le dernier module de mon cycle universitaire en sciences humaines à dominante Philosophe fut celui avec le célèbre Henri Birault. Nettement moins comique que Maurice, mais métaphysicien passionnant, car toujours un œil sur les profondeurs des auteurs, fussent-ils, à sa ressemblance, des plus austères.
M’y accompagnait toujours mon ami Philippe qui était impatient d’entendre ce maître traiter un semestre de Sartre avec L’Etre et le néant et un semestre des Pensées de Blaise Pascal. Nous fûmes avertis que les deux pensées se situaient aux antipodes . J’avoue qu’après un semestre déprimant sur non seulement L’Etre et le néant mais aussi La nausée, nous avions hâte d’entendre notre conférencier aborder les pensées de l’inventeur de la Pascaline (machine à calculer).
Au terme du dernier cours, Philippe me dit : “Maintenant que nous allons avoir notre maîtrise, Birault nous a mis au pied du mur pour la suite de notre vie : soit on suit Sartre et on se suicide, soit on suit Pascal et on « entre » en théologie“. Les deux optiques le contrariaient car il avait la même phobie qu’Edith Piaf : celle du lit vide. Il aimait tellement non seulement la bonne chère mais surtout la belle chair féminine qu’il jeta le suicide aux oubliettes.

Côté cours, j’avais déjà entendu notre professeur de Français de terminale nous parler des trois fossoyeurs de la jeunesse du XXe siècle, et selon lui Sartre devançait de loin Gide et son « Familles ! je vous hais ! » des Nourritures terrestres.
Côté jardin, ma lecture personnelle des pensées de Pascal dès la classe de première m’apparaissait comme l’antidote vitale à la déréliction sartrienne.
D’un côté un existentialisme dogmatique, de l’autre un égraineur de pensées empreintes de perspectivisme « vérité en-deça des Pyrénées, erreur au delà ».
Si j’avais du tirer au sort entre Sartre et Pascal, j’aurais lancé en l’air un billet de 500 francs et j’aurais reçu la bonne réponse…

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poètesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique. D’ailleurs, il reçut de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) un grand diplôme d’honneur en ces deux catégories.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Lors de la naissance du net, il se prit à aimer relever les défis avec le site Fulgures : il s’agissait de créer et publier au quotidien un texte sur un thème imposé, extrêmement limité en nombre de caractères. Par la suite il participa à quelques concours, souvent internationaux, et fut élu Grand Auteur par les plumes du site WorldWordWoo ! .
Il aime également tous les partenariats, composant des musiques sur des textes d’amis ou des paroles sur des musiques orphelines. Ses œuvres se déclinent sur une douzaine de blogs répartis par thème : poésie, philosophie, humour, spiritualité…sans oublier les Ebulitions de Jeanmarime (son nom de plume). Un autre pseudo donna le nom à son blog de poésies illustrées : http://jm-petit-prince.over-blog.com/
Pendant longtemps il a refusé de graver des CD et d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial. Malgré tout il vient d'autoéditer le florilège de toute en vie et dans tous les syles : https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM et d'écrire des chansons pour 3 CD d'Ophélie Morival (puis pour d'autres voix amies) : https://www.youtube.com/watch?v=Q0bvWkljrlw.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.
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La, tu vois, je ne suis pas étonné que tu aies choisi la prédestination à l’existence par un choix et une action. Mais dans tout ça ton ami Philippe n’a rien choisi puisqu’il n’a fait aucun choix et à oublié la prédestination ? N’est-il pas ?
Quelle période passionnante pour l’auteur ! Étudier auprès d’un professeur totalement investi, deux grands philosophes aux antipodes l’un de l’autre !