Les deux insolents – Christian Satgé

Petite fable affable
Dans une courette, deux chats,
Copains comme cochons, chahutaient, liesse
Momentanée de ces pachas
Allant de jour ou de nuit, sans presse
Et sans souci, sans fin ni faim,
De la sieste à l’assiette, avec adresse,
Sous l’œil d’un vieil aigrefin.
Les deux compagnons l’interpellent :
« Eh, Grand-Père, n’as-tu, toi, point d’ami,
Pour jouer entre deux coupelles
De lait ? 
 
– Si fait, Gamins. J’ai un « ami ».
Un seul car, comme disait l’homme
Sage* : « Rien n’est plus commun
Que ce nom et rien n’est plus, en somme,
Rare que la chose. » Moi, chanceux, j’en ai un !
 
– Et qui est cet heureux élu, l’Ancêtre ?
 
– Le hibou du vieux chêne, Enfant !
 
– Il est plus taciturne que notre maître
Ou toi… en moins ébouriffant !
– Mieux vaut un ami timide 
Dans l’expression de ses sentiments 
Mais qui saura toujours, et au bon moment,
Te tendre une main, même humide,
Qu’un volubile qui te tapera 
Dans le dos pour mieux t’y planter, traître
Le poignard qui, las, te tuera
Ou te pousser à tomber sans y paraître… »
© Christian Satgé – septembre 2020

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Christian Satgé

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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