Le monocle et les fourmis – Arnaud Mattei

 

…………… I …………….

 

Comme un arrogant monocle aux verres solitaires,

De tout en haut, au sommet de sa tour de verre,

Il toise les fourmis travailleuses du bas sur le parvis

Points en pointillés à ses yeux de rapace soumis !

 

De sa haute majesté puissance, l’aigle royal avide

Aux ailes déployées fond sur la vallée du stupide,

De l’éphémère par l’homme créé, surplus inutiles

Des essentiels engendrés par les vanités du futile !

 

Il conçoit, il fabrique, il vend, qu’importe le produit !

Il importe, il exporte, il déporte, s’inquiète des prix !

Les stocks de ses options, la volatilité de ses choix ,

Tels sont ses ivresses, son credo, ses actes de foi.

 

Les places faibles des cours aux courbes volatiles,

Dans l’irrationnel de leur incertain dictent leurs lois,

Fluctuantes au gré des besoins de l’argent évangile,

Finalités sans fin d’un profit court terme aux abois !

 

…..……….. II …………….

 

Enfermé dans sa forteresse, le puissant se désole,

En bas sur la place déserte, plus d’insectes laborieux.

Sous l’assaut d’une charge virale, ils ont fui les lieux,

Nécropoles d’un mal qui entonne sa folle farandole !

 

L’arche de son triomphe, de victoires en défense

Observe les indispensables errant sur l’esplanade,

Anonymes remparts sur les dernières barricades,

Vaillantes résistances au corbillard des souffrances !

 

Dans le lointain, les sirènes larmoyantes alarment,

Au son du toujours plus, sur la rive du jamais moins

Echoué. Ennemi sans visage qui tue nos lendemains,

A l’horizon assombri, par les turpitudes de ce drame !

 

L’humain dévorant a rompu l’équilibre du si fragile,

De l’harmonie fauchée par les sordides escadrilles,

De ces immédiats aux certitudes impardonnables,

Bacille d’un monde qui vacille es tu seul coupable ?

……………. III …………….

 

Posséder pour dominer n’est pas finalité ultime !

De cette fatalité, l’homme ne saurait être victime !

L’hier ne peut être l’après, ni l’avant de nos envies,

L’antidote au malheur est dans nos cœurs enfouie.

 

Vous, dirigeants, banquiers, capitaines d’industrie,

Vous tous qui êtes en responsabilités, à nos destins

Réfléchissez ; les devoirs du radieux tendent la main

Aux richesses, qui seront celles de l’ensemble réuni !

 

Recevoir et donner sont-ils ces contraires opposés ?

Voir dans les ténèbres le soleil de nos espérances

Est dons de soi, dons de joie, chemins de résilience

A emprunter pour en confiance vers le bon, s’élever !

 

Notre communauté de sens retrouvera les vertus,

Des bonheurs si simples aux espérances revenues,

Dans les candides cantiques à la nature entonnés,

Union des mains et des âmes vers l’avenir tournée !

 

Arnaud Mattei, le 29 Mars 2021

 

 

 

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Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores.
Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire, pour la joie de les partager.
Des quelques poésies de mon adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies, d’un diplôme jadis gagné à un concours à mes presque soixante ans, il se sera passé un long moment de silence, une absence que le vide du temps ne saurait combler. Je crois avoir fait de ma vie, une vie simple et belle avec ceux que j’aime. Pendant ces quelques décennies, les mots sont restés au plus profond de moi.
Aurai-je la force de les dire, saurai-je être persévérant pour les écrire ? Et vous, les écouterez-vous ? Peut-être aujourd’hui, peut-être demain, peut-être maintenant, qui sait….

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