Le castor “j’ignore” – Christian Satgé

Petite fable affable

Achille est un castor qui n’en peut mais.
Il est, ces temps-ci, d’une humeur revêche
Un caractère pis qu’un pic épeiche :
Des hommes, ces sans-gênes, depuis mai,
Ont décidé, là, de se construire
Une route et donc, là, de détruire
Sa maison, son barrage, son ormaie,…
Ses biens et ses amis, il veut défendre
Avant qu’il ne gèle à pierre fendre…
Achille est un castor qui n’en peut mais,
Mais il est prêt à agir désormais !

Le chantier engloutit les abris
Des oiseaux, ses frères en nature,
Ses voisins et copains d’aventure.
Bientôt leur forêt sera débris
Voués à l’oubli. Contre cette engeance
Inhumaine, il rumine une vengeance :
Il brisera qui ne fait que des bris,
Et à grand bruit !… Bien mieux qu’Eschyle,
Ce sera, là… le talion d’Achille !
Il sera le sauveur et le labrit
De qui, sans lui, serait sans abri.

Il a rongé son frein, le malheureux,
Aujourd’hui c’est aux troncs qu’il s’attaque,
Tous ceux sis autour de l’humain cloaque
Qu’il veut détruire, le valeureux
Castor, pour qu’ils fuient ou pour qu’ils meurent.
Sans ménager ses efforts, ni voir l’heure
Il rogne et mine, sape et mord, heureux :
Il ne monnaiera pas ses bons offices
Ne voulant tirer aucun bénéfice
De son acte qu’il veut fort généreux…
Hélas, les arbres abattus écrasent
Nid et couvées de ses “amis” qui jasent
« Tout ce qu’on fait, pour les autres, sans eux,
On le fait, à la vérité, contre eux ! »

© Christian Satgé – janvier 2016

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Christian Satgé

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Obsédé textuel & rimeur solidaire, (af)fabuliste à césure… voire plus tard, je rêve de donner du sens aux sons comme des sons aux sens. « Méchant écriveur de lignes inégales », je stance, en effet et pour toute cause, à tout propos, essayant de trouver un équilibre entre "le beau", "le bon" et "le bien", en attendant la cata'strophe finale. Plus "humeuriste" qu'humoriste, pas vraiment poétiquement correct, j'ai vu le jour dans la « ville rosse » deux ans avant que Cl. Nougaro ne l'(en)chante. Après avoir roulé ma bosse plus que carrosse, je vis caché dans ce muscle frontalier de bien des lieux que l'on nomme Pyrénées où l'on ne trouve pire aîné que montagnard.

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