La vallée des collines – Fabrice Ruffin

Dans la vallée des collines, il y avait des conifères

dont les épines vertes exhalaient leur parfum camphré

dans l’ air iodé. Dans la vallée des collines, il y avait aussi

des albatros qui prenaient leur envol pour venir effleurer

de toute leur envergure le firmament azur. Dans la vallée des

collines, il y avait encore de hautes herbes sèches, refuge des

secrets des amoureux. Dans la vallée des collines, il y avait parfois

des passants égarés d’ une promenade improvisée et dont le visage

étaient comme burinés par les grains de sable essaimés par la bise

suave. Dans la vallée des collines, il y avait un sommet plus haut duquel

on pouvait voir la mer venir embrasser le ciel pour former cette ligne bleue,

l’ horizon lointain, là bas, toujours plus loin au fur et à mesure que l’ on avançait

vers lui, ligne de fuite d’ où s’ échappaient les rêves pour qui pouvait le percevoir.

Dans la vallée des collines, les myriades de grains de sable s’ amoncelaient tel des

menhirs tout immobiles et qui semblaient figer le temps. L’ écho de la vallée des collines

et sa quiétude ont cependant été portés jusqu’ à la ville tant et si bien qu’ elle devenue un paradis

grouillant de touristes et perdant son caractère d’ Eden des âmes en rêve.

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Jean-Marie Audrain
Modérateur
3 décembre 2020 8 h 42 min

Joli poème botanique et minéralogique en forme de quart de sapin de Noël !

Alain Salvador
Membre
1 décembre 2020 13 h 29 min

Un paradis perdu… Perdu… Pas pour tout le monde…Une pompe à fric …Et puis tiens,si les écolos disent encore que les touristes piétinent tout sur leur passage, on goudronnera les chemins, histoire de ne pas dépayser de leurs mégalopoles aseptisées ces conquérants d’un monde encore préservé, .
L’humanité piétine la beauté et se piétine elle même.Tout comme rien ne repoussait sous les sabots des chevaux des Huns, les hardes de touristes détruisent la nature qu’ils vénèrent… Triste réalité des choses.
Enfin , ce n’est que mon avis…