Endorphine mon ami, tu abuses.. – Anne Cailloux

 

La tête parle au cœur

-Écoute, ptit cœur, faut qu’on parle tout les deux. Je trouve que tu es trop émotif, au moindre problème, tu commences à faire de la tachycardie. Moi, je n’ai pas envie d’avoir un AVC et des problèmes avec mes neurotransmetteurs. Tu es trop sensible et tu prends tout au sérieux et je pense que les hommes, ce n’est pas bon pour toi.

Les neurotransmetteurs arrivèrent très rapidement :

-Tu m’a appelé la tête ?.

Le cœur leurs coupa la parole et se fâchât.

– Fermez-là tous les deux.Tu plaisantes où quoi la tête? Ce n’est pas moi le responsable : va voir l’hypothalamus. C’est à lui qui faut s’adresser et de toute façon, ce n’est pas toi qui commande, c’est le cerveau le big boss. Mais dit moi, hier soir, j’ai entendu le lobe frontal dire tu me prends la tête, c’est bien de toi qui s’agit , alors tu devrais fermer ta bouche. De toute façon toi tu mets ton nez partout !

La bouche se mit en marche :

-Pourquoi on me demande de la fermer, j’ai même rien dit ?

Le nez vint également demander, où il devait aller :

-Vous comprenez, pas envie d’aller dans tous les recoins les plus sombres de l’être humain.

L’hypothalamus qui n’était pas très loin ramena sa fraise lui aussi.

-Qui parle de moi ? Moi je ne commande personne. De toute façon avec le cœur on est pote et je lui envoie de la dopamine et le reste ne vous regarde pas : c’est privé c’est entre lui est moi. Je ne développe pas, car le petit cœur va s’énerver et après on va être dans le caca.

Le petit fessier ramena sa science :

-Ont m’a appelé, on a besoin de mes services, vous voulez que je sonne le sphincter ?

-Je suis là répondit le sphincter, vous voulez que je me relâche ?

Le cœur dit à la tête et aux muscles : Bloquez le sphincter, sinon c’est la chienlit, il ne va pas commencer, il nous casse les pieds celui-là !

 

Naturellement les pieds arrivèrent à fond de train, mais le cerveau bloqua l’information.

Le chef d’orchestre qui était le cerveau, mit son grain de sel.

-Bon, tout le monde se tait, de toute façon, il est midi et j’ai l’estomac dans les talons.

L’estomac arriva avec les talons, ils se bousculèrent pour passer plus vite.

-Il est l’heure ?

-Non pas besoin de vous, dit la tête et laissez le cœur tranquille, sinon il va prendre les jambes à son cou et se sauver.

Les jambes pleuraient car elles ne voulaient pas être prises par le cou.

-Bon, la tête tu retournes sur les épaules, le cœur tu te calmes et tu ne t’emballes pas pour rien. Toi l’hypothalamus tu n’envoies pas n’importe quoi au cœur. Vous les yeux, vous ne regardez pas trop les hommes, comme ça l’hypothalamus resta stoïque.

-Pas de ma faute dit l’hypothalamus, suis romantique. Je craque à chaque fois. J’ai le cœur sur la main que voulez-vous.

La main se posa sur le cœur et ne bougea plus.

L’hypothalamus se mit à pleurer et dit je ne maîtrise pas mes émotions que voulez-vous.

Les émotions s’amenèrent et prirent toute la place ; Nous voilà, vous désirez quoi comme émotions : Joies, peurs, colères ?

Le cortex frontal s’énerva : Toi tu n’existes pas, tu n’es qu’une vue de l’esprit.

Les émotions s’énervèrent :Tu veux que je te prenne la tête ? Tu va voir si je ne suis qu’une vue de l’esprit.

Pour une fois la tête ne répondit pas.

L’esprit arriva avec grandeur et dit : Moi, les gars je suis marié avec les neurones et Nous, on réfléchi. Et sans Nous, vous feriez n’importe quoi , alors basta fermez là.

L’alarme des neurotransmetteurs se mit à retentir, il y avait urgence.

La circulation sanguine ralentit et ne voulait plus se diriger vers le cerveau.

-On se calme, car là, on est tous mal barré. Tout le monde retourne à sa place. Toi le sang, tu files dans le cerveau, les nerfs, vous vous calmez. Repos pour tout le monde. Les yeux dans deux minutes vous vous fermez, le cœur tu ralentis, et voilà…

Treize heures, je suis dans la file d’attente de la boulangerie un gâteau caramel beurre salé me fait de l’ œil. Un homme se retourne vers moi et me dit : votre parfum est très sensuel…

Je le regarde intensément, l’hypothalamus se met en marche envoyant une information au lobe frontal, mon cœur se serre, et c’est parti le bordel….

 

©Anne Cailloux 2018

 

 

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Anne Cailloux

Anne Cailloux (304)

Depuis ma naissance, je fus autodidacte et trop rêveuse.
Spécialiste dans l'art thérapie et les maladies neurodégénératives, j’essaie de retenir le temps des autres et du mien.. Quelques diplômes, une passion pour l'art et les poètes. J'ose dormir avec Baudelaire.
Je suis une obsédée textuelle . Je peins, je crée et maintenant j’écris. Je remets cent fois mon ouvrage pour me corriger. De quinze fautes par lignes je suis passée à quinze lignes pour une faute... Deux livres en préparation et peut-être un recueil de poèmes, si Dieu veut.Anne

Je suis une junky des mots..

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3 Commentaires
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Christian Satgé
Membre
24 novembre 2018 21 h 48 min

Voilà de savoureux dialogue dans une histoire débridée à souhait. Bravo et merci pour ce partage, Anne…

Invité
24 novembre 2018 20 h 22 min

Excellent ! Merci. Serge