Tu veux des psaumes ?
Je t’offre des crachats .
Tu veux des offrandes ?
Je t’envoie mes cendres.
Tu veux des âmes ?
Tu les prends comme un voleur,
Sans contrat, sans justice, sans pitié !
Tu m’as volé ma fille.
Pas dans un rêve, pas dans une parabole.
Dans le réel.
Dans le sang.
Dans le silence.
Tu l’as arrachée comme on arrache une Fleur
Pour la jeter dans un feu qu’on ne regarde même pas.
Et moi ?
Tu m’as laissée là,
A hurler dans un ciel vide, A supplier un mur,
A me noyer dans une mer sans fond.
Tu es le roi des absents,
Le maître des silences.
Le tyran des lâchetés.
Tu la voulais ?
Alors pourquoi ne pas l’avoir attendue ?
Pourquoi ne pas l’avoir laisse vivre,
Aimer, créer,briller ?
Tu l’as prise comme un caprice,
Comme un enfant cruel qui casse son jouet
Juste pour voir ce que ça fait.
Tu es indigne.
Indigne de nos prières.
Indigne de nos larmes.
Indigne de nos morts.
Et si tu existes,
Je te jure que je te retrouverai.
Pas pour te comprendre, Pas pour te pardonner.
Mais pour te faire face,
Avec chaque cri que tu as ignoré,
Chaque Mère que tu as brisée,
Chaque enfant que tu as volé.
Je viendrais sans foi,
Sans peur,
Sans respect.
Je viendrais avec le nom de ma Fille
Gravé dans mes os,
Dans mes poings,
Dans mon regard.
Et tu verras, Dieu, imposteur du néant,
Tu verras ce que c’est
Qu’une colère plus vaste que ton ciel,
Plus brûlante que ton enfer,
Plus vraie que ton mensonge !
Tant pis si mes mots (mes maux) dérangent, brusquent les “bien pensants”, j’assume et je prône la tolérance car l’Amour n’est pas toujours là où l’on pense et chacun pleure son désespoir comme il l’entend. Mon coeur est vaste de ces sentiments et à toute intolérance, je n’offre qu’Indifférence.
Je suis désolé de t’apprendre que Dieu ne fait que pleurer avec toi.
Il ne t’en veut même pas pour cette velléité cinglante et sanglante.
Tu t’adresses au Deus ex Machina
et non au Dieu d’amour qui pleure avec toi.
André Turcat n’est pas responsable de la chute du concorde sur les habitations, n’étant plus aux commandes.
De même pour le Créateur, il a laissé libres les hommes et les anges et ce que l’on nomme, à tort, le hasard.
Il ne lui reste qu’à pleurer avec ceux qui souffrent sans qu’il n’y soit absolument pour rien,
à moins de lui reprocher d’avoir créé le monde et avec lui l’espace, le temps et la liberté, de vivre, d’aimer et de mourir.
Je t’invite à lire Takashi Nagaï qui a retrouvé sa femme, sa famille et ses amis fondus comme des poupée de cire après le lâcher de la bombe à Nagazaki et qui demande de pardonner.Il ne s’en prend ni à Dieu ni au pilote d’Enola Gay.