Clé de l’Orthographe n° 29
À l’oral, quand on utilise la tournure « ni… ni… », on a tendance à faire une pause entre les deux composantes de notre négation. Par conséquent, notre premier réflexe à l’écrit est d’ajouter une virgule à l’endroit de cette pause.
Or, une fois de plus, la langue française a inventé des règles à ce sujet, que je vais tenter de vous résumer :
- Lorsque la liste introduite par « ni » contient seulement deux composantes, elle ne prend pas de virgule : « Je n’aime ni les carottes ni les poivrons » ;
- SAUF (il en fallait un…) si celles-ci sont longues ou qu’on veut mettre l’accent dessus : « Le marin ne se satisfait ni d’un vent très fort qui provoque des creux de cinq mètres et risque de faire chavirer son navire à tout moment, ni d’une mer d’huile où un temps radieux l’empêche d’avancer alors qu’il est à quelques encablures de rattraper le leader de la course autour du monde. »
Ici, sans la virgule, le lecteur s’essouffle, elle est donc indispensable.
- Imaginons maintenant que votre liste comporte trois éléments ou plus. Là, la virgule devient obligatoire entre chacun d’entre eux : « Cet enfant est difficile ! Il ne mange ni les tomates, ni les aubergines, ni les courgettes, ni les haricots, ni les yaourts, ni le poulet… » (Pardon, j’ai fait le tour de mon frigo…)
Je sais, madame Virgule est de retour de vacances et vous parle de ponctuation, mais croyez-moi, personne n’est à l’abri de faire cette faute qui tient du réflexe. Même quand c’est moi qui écris, il m’arrive de me reprendre !
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Merci Sandrine pour cette nouvelle clef où la virgule a son importance surtout pour éviter que le lecteur s’étouffe avant la fin de la phrase…