Voici dans la nuit avachie briller les lumières du bal.
Des landaus poussés en bas de l’escalier par des laquais gantés
Et des manteaux de prix sur les épaules fardées
Font flotter leur soie, remontant la vague sidérale.
Sur des lustres tressés, des senteurs fortes et froides
Enveloppent l’air de désirs et tentations.
De très blanches coquettes montrent leurs blanches dentitions
Et t’observent soudain de leurs yeux chauds et lèvres froides.
Tu peux être une triste madone parmi les lumières du bal…
Je pressens intérieurement ton rapprochement
Les pas qui te portent sous de secrets volants.
Je voudrais sentir tout près, fardée, ta joue pâle
Et à nouveau t’entendre sans voix sur ma poitrine soupirer
Quand sans le vouloir je deviens sentimental
Mais le bal s’arrête… dans la salle sans aval…
Les dernières lumières, tous songeurs, éteignent les laquais.
Bal, poème d’Emil Gulian – Gabrielle Sava
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ça me fait penser à une soirée au feu de la St jean :) ect…