152. Sabrina Desquiens – “Soraya”

Soraya

Immobile telle une statue, les traits terrassés par une grandissante peur
Soraya se trouvait là, repliée sur elle-même en position fœtale depuis des heures
Sanglotant douloureusement, se remémorant son passé, ses oasis de bonheur,
Le délicieux temps avant l’avènement de cette tempête sans coeur
Qui l’avait laissée ainsi dévastée devant tant d’horreur.

La bise vint la réveiller, la tirer de sa torpeur,
La sommant de prendre une décision et ce sur l’heure.

Le facétieux sirocco tout à coup se leva
Taquin, avec ses longs cheveux dorés longtemps joua
Puis s’enhardissant il descendit sous ses jupes où il pénétra,
Et, en les soulevant, tous les charmes de la belle aux cieux émerveillés dévoila.
Elle riait, riait à gorge déployée de ces vents mutins, et de leurs tours elle s’amusa.

Sa décision était prise, jamais elle ne capitulerait
Et cacherait ce don que dame nature lui avait donné,
Une beauté sans précédent que de vils hommes égarés,
Des passions mal aiguillées, une peinture abstraite de textes de lois mal digérés,
Voulaient par un désir malsain dominer l’indomptable et un putride parfum diffuser
Celui de la méconnaissance, de la peur du regard de l’autre, de la liberté.

Le vent de la liberté était venu la motiver, et décrier
Des règles religieuses qui, au grand jamais,
Ni n’avaient été consignées ni n’avaient existé.

Non, sa différence, sa beauté, son identité, sous un voile intégral, jamais
Elle n’accepterait de les dénier, renier, voire même dissimuler.
Rien n’arrêterait désormais sa marche vers la liberté.

Marche que ses sœurs il y a des années avaient commencée,
Mais qu’un mauvais coup d’un sort magistralement orchestré
Avait d’une seule traite, afin de mieux diviser pour régner, arrêté.
En organisant un coup d’état soigneusement télécommandé
pour mettre au pouvoir des hommes effrayés par les femmes différentes et cultivées.
Ils savaient qu’elles seules pouvaient apporter des solutions d’amours et de paix

Elle était née libre, et libre elle resterait.

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