La traversée de la nuit – Christian Satgé

Fatiguée comme peau de tambour,Alors que, jà, s’obscurcit la brune,Au mât de ce clocher, fière hune,S’aparresse Madame la lune,Vigie du bateau qu’est notre bourg. Sur l’horizon et ses faubourgs,Les constellations, une à une,Dessinent de mystiques runes,Dessus des monts devenus des dunesGrâce aux ombres et à leur labour. Loin de Marseille et de Cabourg,Pour qui n’a … Lire plus

La solitaire – Simone Gibert –

peinture S.Gibert   La plage s’étend au loin, Blanchie par le soleil, Il n’est aucun témoin D’un instant sans pareil.   Les eaux de l’océan Caressent le sable, Qui, sous les pas, mouvant, Devient impalpable.   Cette solitude Sentie à fleur de peau, Dans sa plénitude La femme entre dans l’eau.   Cheveux aux épaules, … Lire plus

Idées iodées – Christian Satgé

À leur grand soir, les enfants ont pris le large.Nous restons à l’amarre, voiles pliées.Le grand bateau d’hier n’est plus qu’une bargeQui ne navigue plus, trop lourdement gréé.Nos souvenirs dérivent, mis à la chaloupePour l’écueil des aigreurs convenues,Quand rêves et rires chavirent aux nuesEt, de bâbord à tribord, de proue en poupe,Ce sont coque désertée … Lire plus

Sentier forestier – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Ce chemin est comme une cicatriceÀ travers la futaie masquant les nues.Ouverte par l’Homme, incertaine,
Serpentine, sutures par centaines,Cette plaie-là sinue et s’insinueDans une forêt sombre et protectrice. Ici, des ronces agrippent nos mollets ;Là, une branche griffe ou des orties giflent.Mais la voie sous voûte va, obstinée,Pour mener chacun à sa destinéeEt … Lire plus

La vieille femme et ses fantômes – Pacafou

Elle marche. Dans les rues, dans les bois, tout le jour, tous les jours, elle marche. Entend-elle  les chants d’oiseaux ? Voit-elle le printemps qui s’achève, les feuilles timides encore, les oiseaux audacieux, les insectes téméraires ? Elle marche. Ses longs cheveux gris, raides et gras encadrent un visage sans grâce. Elle marche. Et elle … Lire plus

À peine mûres… – Christian Satgé

Baies d’ébène au bruissant buisson,Les mûres sont mures de murmuresOù la brise n’est que frissons. L’épineux en veste de bruineEt en souliers de boue fineRassasie, sans plus de façon,Le passant et les polissons. Il abreuve, jusqu’à ruine,D’un sang bleu-rouge de fruitOiseaux, manieurs d’égoïne,… Le piquant roncier, sans bruit,Aime son monde, aide autruiSans s’en faire auguste … Lire plus

Bucolique méditation – Christian Satgé

Couché, sous une feuillaison de saison,À mille lieues de tout toit ou maison,Quand le sol chaud n’est plus qu’un lourd manteau d’ombres,Quand le ciel n’est plus un torride étauEt que l’aurore, hélas, va se lever tôt,Seul, je m’enveloppe de cette pénombre,L’âme partie ailleursVers un monde meilleur.   Sous le soc acéré d’un croissant de luneQui, … Lire plus

Seul en sentier – Christian Satgé

Ni laquais ni valet ni pageSous cette futaie endormieJe ne suis jamais à la pageAspirant et pas à demiAu doux calme et mieux au silenceQuand la ville vous asservitAvec bruits énervés pour nervisInsolence à mon indolence Dans cette campagne givréeSans personne chaque pas sonneDans la boue figée la livréeDe mes chemins qui limaçonnentDans le néant … Lire plus

Demain Je vais sourire à Julie et pleurer dans mon lit – Christian Dumotier

Demain Je vais sourire à Julie et pleurer dans mon lit J’ai mis mes amours sur un compte épargne et la vie a bien maquillé mon visage, avec des rides de lassitude comme les nervures d’une feuille d’automne. Mon mari a dû oublier de rentrer ou bien il ne faisait que passer pour déposer Julie. … Lire plus

Voués aux sables de l’oubli – Christian Satgé

Petite fantasia targuie   La fièvre du rêve m’offre le mirage De sons venus d’ailleurs et, là, sans partageLe pas lent et si digne de ma plume, un peuChameau, se met en branle, ses couplets aligneEn longue caravane de vains mots se peut.Elle avance sans tirer par trop à la ligne.   Seule et silencieuse, … Lire plus

Ulysse en la taverne- Raymond Delattre

Athéna, charmeuse aux yeux pers, Sourit au naufragé des mers. Pour une absente on désespère; Face au regard le charme opère. — Me captive la voix chantante… Les jambes se montrent tentantes. Quand l’oeillade se fait douceur, L’espoir renaît au fond du coeur. — Inanimé sur le rivage Après la tempête sauvage, Soudain je retrouve … Lire plus