Idées iodées – Christian Satgé

À leur grand soir, les enfants ont pris le large.Nous restons à l’amarre, voiles pliées.Le grand bateau d’hier n’est plus qu’une bargeQui ne navigue plus, trop lourdement gréé.Nos souvenirs dérivent, mis à la chaloupePour l’écueil des aigreurs convenues,Quand rêves et rires chavirent aux nuesEt, de bâbord à tribord, de proue en poupe,Ce sont coque désertée … Lire plus

Sentier forestier – Christian Satgé

Cycle pyrénéen   Ce chemin est comme une cicatriceÀ travers la futaie masquant les nues.Ouverte par l’Homme, incertaine,
Serpentine, sutures par centaines,Cette plaie-là sinue et s’insinueDans une forêt sombre et protectrice. Ici, des ronces agrippent nos mollets ;Là, une branche griffe ou des orties giflent.Mais la voie sous voûte va, obstinée,Pour mener chacun à sa destinéeEt … Lire plus

La vieille femme et ses fantômes – Pacafou

Elle marche. Dans les rues, dans les bois, tout le jour, tous les jours, elle marche. Entend-elle  les chants d’oiseaux ? Voit-elle le printemps qui s’achève, les feuilles timides encore, les oiseaux audacieux, les insectes téméraires ? Elle marche. Ses longs cheveux gris, raides et gras encadrent un visage sans grâce. Elle marche. Et elle … Lire plus

À peine mûres… – Christian Satgé

Baies d’ébène au bruissant buisson,Les mûres sont mures de murmuresOù la brise n’est que frissons. L’épineux en veste de bruineEt en souliers de boue fineRassasie, sans plus de façon,Le passant et les polissons. Il abreuve, jusqu’à ruine,D’un sang bleu-rouge de fruitOiseaux, manieurs d’égoïne,… Le piquant roncier, sans bruit,Aime son monde, aide autruiSans s’en faire auguste … Lire plus

Bucolique méditation – Christian Satgé

Couché, sous une feuillaison de saison,À mille lieues de tout toit ou maison,Quand le sol chaud n’est plus qu’un lourd manteau d’ombres,Quand le ciel n’est plus un torride étauEt que l’aurore, hélas, va se lever tôt,Seul, je m’enveloppe de cette pénombre,L’âme partie ailleursVers un monde meilleur.   Sous le soc acéré d’un croissant de luneQui, … Lire plus

Seul en sentier – Christian Satgé

Ni laquais ni valet ni pageSous cette futaie endormieJe ne suis jamais à la pageAspirant et pas à demiAu doux calme et mieux au silenceQuand la ville vous asservitAvec bruits énervés pour nervisInsolence à mon indolence Dans cette campagne givréeSans personne chaque pas sonneDans la boue figée la livréeDe mes chemins qui limaçonnentDans le néant … Lire plus

Demain Je vais sourire à Julie et pleurer dans mon lit – Christian Dumotier

Demain Je vais sourire à Julie et pleurer dans mon lit J’ai mis mes amours sur un compte épargne et la vie a bien maquillé mon visage, avec des rides de lassitude comme les nervures d’une feuille d’automne. Mon mari a dû oublier de rentrer ou bien il ne faisait que passer pour déposer Julie. … Lire plus

Voués aux sables de l’oubli – Christian Satgé

Petite fantasia targuie   La fièvre du rêve m’offre le mirage De sons venus d’ailleurs et, là, sans partageLe pas lent et si digne de ma plume, un peuChameau, se met en branle, ses couplets aligneEn longue caravane de vains mots se peut.Elle avance sans tirer par trop à la ligne.   Seule et silencieuse, … Lire plus

Ulysse en la taverne- Raymond Delattre

Athéna, charmeuse aux yeux pers, Sourit au naufragé des mers. Pour une absente on désespère; Face au regard le charme opère. — Me captive la voix chantante… Les jambes se montrent tentantes. Quand l’oeillade se fait douceur, L’espoir renaît au fond du coeur. — Inanimé sur le rivage Après la tempête sauvage, Soudain je retrouve … Lire plus

La désillusion – Kamel usbek

J’ai traversé bien des mers et tempêtes,Solitude seule compagne à bord;Jouant tristement à la trompette,Et les vagues dansant en accord. J’ai caressé de mes mains mille espoirs,De trouver un abri, ou un vieux port.Mais le destin ne semble pas vouloir,M’accorder ce désir si fort. Autour de mon rafiot que la mer,Ses vagues me poussent vers … Lire plus

Coup de chance – Christian Satgé

Petite fable affable Corps finet, allure de minet, Une civette plus très jeunette Et sienne cousine, la Genette, Trottinaient et crottinaient Par d’épaisses épines-vinettes Qui parasitaient un jardinet. Ce sont de bonnes caches de bruissantes Broussailles et commode couvert. Mais l’homme est un animal pervers Qui détruit quiconque va par sentes Et carrés de ses … Lire plus