Déconcertant concerto – Christian Satgé

Petite fable affable                               La Mère Nature m’apprend, sans mot dire, Que, pour plaire aux Grands, il faut rester petit. C’est là la leçon des fourmis ; s’interdire, Quel que que soit pourtant notre appétit, De hurler avec les loups est … Lire plus

Aurore automnale – Christian Satgé

Cycle pyrénéen     Au loin, alors que la nuit défaille, Le soleil effeuille chaque faille, Dévoile chaque éboulis pierreux Mais ombre, pudique, chaque creux De gris timides et de bleus sombres Que les chaos accrochent, peureux, Privés de leur intime pénombre. Ses rayons, prévenants aspics,  Dévêtent, peu à peu, tout le pic Le font … Lire plus

Paysage assoupi – Christian Satgé

  La résille du gel couvrait la lande. En pointes de cristal léger, Aux genêts nus, pétrifiés, des guirlandes Pleuraient, tout en larmes figées, Retombant en dais affligés. Là, le givre, en frêle et fine dentelle, En saupoudrage sur la croix, Se noyait dans quelques tombes sans stèles, Ces flaques où se mirait, roi, Le … Lire plus

Fin de saison – Christian Satgé

      Quand vient notre fin de saison, À l’heure où les enfants s’en vont Pour se frotter, tout seuls, aux vagues, Goûter à l’écume et aux algues, Juste libérés des prisons Forgées par l’amère Raison, Les vents rendent tout périssable, Et les plages du temps s’ensablent. Si l’eau salée ronge et élague, Les … Lire plus

L’horizon – Christian Satgé

            Là-bas, en mer, où le ciel plonge ses racines, Il naît une ligne, le lit de l’horizon : L’air et l’eau, l’immense et l’infini, s’y fascinent Et s’épousent jusqu’à nous donner leur diapason… C’est là qu’ils enfantent l’espoir qui déracine : Tropiques austraux qui orneront nos blasons Et terres … Lire plus

Aigre marine – Christian Satgé

             Au milieu des clameurs, des cris et des rumeurs, Mon âme de rimeur remue sa mâle humeur : Comme la mer prisonnière d’un coquillage, En moi, les mots, les mois, les maux, l’émoi voyagent, Roulent à fond de cale et puis s’envolent volages Vers d’autres rivages, des chimères sans … Lire plus

Attendre – Christian Satgé

Attendre qui est parti, Pour une simple sortie, Relever filets et nasses, Sur des flots qui vous embrassent, Sous un vent qui vous enlace, Aux premiers jours de mai. Attendre cet être aimé Et lui conserver sa place, Seule, bravant cet espace… Attendre qui est parti Sur une plage investie De foules qui se délassent … Lire plus

Au banc abandonné – Christian Satgé

          Sur une plage nue, Offert aux inconnus, Je défie le monde. Mieux, fier et fou, j’affronte Cet horizon désert Où naît le vent disert Qui soulève l’onde à la fronde toujours prompte. Si le sel m’a rongé Et l’écume aspergé, Je reste à l’amarre, battu par les bourrasques Qui me … Lire plus

Comme un funambule – Philippe Correc

Comme un somnambule J’avance dans le noir, A travers des bulles Dès que survient le soir. Comme un funambule Je marche sur un fil Sans aucun recul Et ma vie se défile.   Comme un orphelin Sans parent, sans patrie Je comprend enfin Pourquoi tu es partie. Comme un imbécile Je n’ai pas pu sentir … Lire plus

Dépression, soleil ponant – Christian Satgé

Là, mon cœur est à marée basse, La brume lui fait une nasse Noyant à jamais l’horizon Dans les doutes et la déraison. Voile abandonnée, solitaire, Ou naufragé involontaire Sur les sables du désespoir, J’attends, là, les ombres du soir.   Las, mon esprit a chaviré Sur la plage qu’ont déchiré Les vents qui ramènent … Lire plus

Après la pluie,… le gros temps ! – Christian Satgé

  Petite fable affable   “À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !” Pensait un ver viril, après une nuit noire Où s’abattit la pluie, lui noyant son chez lui. Il doit, et au plus vite, après la cour qui luit Se trouver un chez-soi. Allez m’en croire : Il s’en va ventre à … Lire plus

Torpédo et Berlingot – Christian Satgé

  Petite fable affable   Alors que le printemps sent venir sa déroute, Berlingot l’escargot, limace lourd vêtue, Par les chemins, bon an mal an, allait sa route. Faute de saliver dans un champ de laitues, Son train de sénateur, l’amène, courbatu, À baver, ici, sur les bavards qui musardent, Plus loin, sur les larves … Lire plus

Orphelin de souvenir – Aldrick Le Mat

    De mémoires et de cheveux chenus, Que l’Histoire teinte de vécu Un veuf, du cœur jusqu’à l’âme Ne puisse plus se souvenir Ni d’une voix, ni d’une femme. La mésange, ô vol de l’espoir Voit-il une imagination? Fervent de la dite dévotion Le veuf à qui le désespoir S’est uni à toutes les … Lire plus

COmmentaire 3 – Yves Abona

… Ô Nature ! Faudra-t-il toujours poète, Que la lyre des peines muettes Vienne étirer ses cordes à mes oreilles ! Hommes, nos douleurs sont pareilles ! Au lieu qu’elles me parlent, ces rancœurs, Dans ma solitude, dans cette sombre lueur, Qu’elles disent, ici, les unes et les autres, Où elles voudront que je me vautre. Si alors … Lire plus

Les Galets Bleus – Lucien Scheer

  Comme toi, je suis ce galet perdu, caché sous le sable. Emporté sur les chemins, j’ai vu pleurer la pluie, j’ai entendu le vent gémir. Comme toi, les caresses, les rêves de mon enfance se sont noyés dans l’océan. Souviens-toi, Sous un arbre, j’écoutais les oiseaux, les étoiles brillaient au soleil. Souviens-toi les galets … Lire plus

La seule chose qui compte – Nadège Gorek

LA SEULE CHOSE QUI COMPTE   On me dit que la seule chose qui compte C’est d’être heureux Des histoires qu’on me raconte De mondes où tout est merveilleux Moi je ne vois que du gris Dans le brouillard de mes vies   On me dit que la seule chose qui compte C’est d’aimer évidemment Des … Lire plus

Ma Solitude ! – Claudette Tricoire

Ma solitude J’ai habillé ma solitude D’un manteau de larmes J’ai habillé â ma solitude Du manteau de deuil J’ai habillé ma solitude Des couleurs de l’hiver J’ai peuplé ma solitude Comme un hall de gare De mille visages De mille regards De mille sourires Qui s’en viennent par hasard Puis s’en vont en coup … Lire plus

Au pays des oiseaux – Christian Satgé

Petite fable affable Les vautours se prenant pour des aigles, Établirent leur règne et leurs règles Pour régenter, depuis leur aire, les airs. Sévères jusqu’à l’austère dans l’Éther, Se réservant les plus hautes altitudes, Pour faire de la jungle un zoo, Ils mirent en cage ou à la servitude Les peuples du pays des oiseaux. … Lire plus