Renouveau – Alain Salvador

Depuis des jours, je regardais passer le monde, cachée derrière mon rideau. Je ne voulais plus y prendre part…Ma vie? A jamais bouleversée.
Puis un matin, en ouvrant mes volets, j’ai eu la sensation de recevoir une cadeau. Sous un coup de vent arrogant, le bouleau s’ébrouait timidement, secouant ses minuscules bourgeons pour les encourager à s’épanouir, comme le ferait une maman éveillant ses enfants.
Les primevères d’un jaune éclatant, les discrètes violettes parfumées et les délicates pâquerettes se bousculent pour égayer mon regard. Un peu plus loin un forsythia lance ses hampes fleuries vers le ciel.
La nature sort enfin de son endormissement, elle se hasarde à faire une percée hésitante. Les nuages ne se pressent pas, ils batifolent en faisant de jolis dessins dans le ciel. Je reconnais l’ébauche d’une tête de lion, celle d’une caniche, et bientôt l’esquisse du visage d’un barbu…Je recommence à rêver.
Là-bas j’ai aperçu des entrelacs de narcisses ombrageant des muscaris. C’est décidé je vais sortir pour un balade enchanteresses!
Je ne suis pas déçue, les rocailles des jardins environnants regorgent d’aubriètes et de campanules multicolores.
Les pommiers, les pêchers et les cerisiers rivalisent d’audace en se couvrant de bouquets blancs et roses, à faire douter un peintre de son talent!
Je souris, les chats jouent à cache-cache dans les buissons, maintenant qu’ils ont conclu leur grande parade amoureuse. Les oiseaux font des allés et retours, le bec plein de brindilles; ils préparent la venue des oisillons.
Mais oui, la vie continue, tout ce remue-ménage annonce les prémices du printemps. Seul le Soleil boude…Le Roi se fait désirer, manifestant ainsi son mécontentement. Il a raison; des plastiques, des bouteilles, des canettes et des masques parsemés deçà delà viennent travestir ce joli tableau.
Tous ces signes d’un environnement renaissant sont une source d’émotion, ils m’apaisent, me rassurent; il flotte autour de moi comme une paix palpable.
Je comprends que l’amour engrangé pendant les beaux jours ne va pas s’envoler, que les souvenirs s’estomperont, mais qu’ils ne disparaitront pas.
Je ne suis pas seule au cours de cette promenade, nous sommes deux à la partager. Je sais que je viens de remporter une timide victoire sur mon immense tristesse.

Claude B.

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Alain Salvador

Alain Salvador (252)

Je suis né en 1956, et ai toujours eu le goût pour l’écriture.
Cependant je n’ai fait aucunes études , ni de lettres ou autre chose de bien gratifiant.
Je n’ai qu’un CAP de mécanique en poche et ma vie passée en usine , ma famille avec mes trois enfants, font que depuis ma retraite, j’ai repris du temps pour me consacrer aux mots.
On pourrait dire de moi que je suis plutôt un autodidacte.
Les quelques personnes à qui je fais lire mes textes me disent que j’ai une facilité d’écriture.
A cela je leur réponds: ”ce n’est pas toujours si facile qu’il n’y paraît… ” Et pour l’orthographe, et bien je révise les règles…Il n’est jamais trop tard si l’on veut entreprendre quelque chose dans sa vie.

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4 Commentaires
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Colette Guinard
Membre
9 avril 2021 10 h 56 min

renouveau ,aller vers cette espérance du lendemain ,beau récit de Claude! a toute Alain ,merci mon Ami de l’avoir relaté à sa place ! Colette, Blanche

Pascale Jarmuzynski
Membre
9 avril 2021 9 h 08 min

Le renouveau ….
le réveil à la Vie …..
Une saison qui apporte avec elle l’espoir de beaux jours ….
Cordialement.