Cristallin tel le rire de l’enfant
Fragile, comme l’équilibre de la rosée, sur la toile d’araignée
Les brumes évanescentes du sous bois, au petit matin
La lumière, tendrement verte, des feuilles en contre jour
Qui saura écouter ? Voir ? Sentir ? Toucher ? Comprendre ?
Ta beauté, Ô monde, si les poètes péréclitent ?
Emportés par l’absurde des famines, pollutions et autre Armageddon ?
Et nos amours ? Qui témoignera de la folie, des larmes, des battements de nos cœurs ?
Où se porteront nos espoirs ? La musique aux notes si précieuses ?
Les souvenirs et les partages ? Es-tu juste un présent infini et nous des êtres fuyants ?
Songe que les pyramides, même les pyramides, seront de petits monticules de poussières
Et toi Soleil ? Astre porteur de Vie, ton sort est programmé, géante rouge puis naine blanche
Entends, mon amour, l’urgence de ma déclaration, l’essentiel, le fondement de mon élan
Ayons la musicalité, le velours du saxophone, la stridence des violons,
Le rythme de nos souffles et nos caresses plus douces que la peau de l’enfant
Comment toucher ton âme ? Comment fleurir nos transes ? Promettre de l’éternité ?
Cacher l’écueil et avancer bravaches avec cette absence et ce vide
Témoignage de l’Amour, en creux, comprendre sa densité
Cette omniprésence de la nostalgie, ce manque infini
Douleur plaisante, cultivée, origine de nos écrits, transcendances et certitudes…
Texte inédit de Jérôme Reissac
Utilisé sur Suno comme texte de chanson par l’auteur

Vraiment un très beau texte intelligent et bien amené, clair et limpide.
Merci pour cette limpidité.