Quelques épisodes de ma vie. (Huitième partie) – Odile Stonham

Je me souviendrai toute ma vie de ce matin là. Je revenais à pied de l’école où j’avais emmené mes deux garçons. Il faisait déjà beau et je marchais, seule, sur le trottoir.

Je n’étais pas loin de la maison quand je l’ai vu progressivement venir dans la direction que j’avais prise auparavant. Cela ressemblait à un long défilé de véhicules dont la couleur principale était le rouge.

Je me suis alors arrêtée pour le regarder avec comme témoin le soleil qui faisait ressortir la chaleur de ce dernier. Il roulait à faible allure car il devait traverser une partie de la ville pour retrouver ensuite la route principale.

Là encore, la mémoire me fait défaut. Je ne me souviens pas de l’ambiance qui régnait dans ce décor alors singulier pour moi. Il faut dire que c’était la première fois de ma vie que je voyais ce spectacle et des années après, même si les souvenirs sont flous, l’émotion est toujours intacte !

Comme toute ville, il devait y avoir de la circulation. Il devait y avoir le bruit habituel des véhicules, des camions qui la traversaient… On devait voir des personnes marchant, comme moi, sur le trottoir…

Chose étrange, je ne sais plus. C’est comme si je faisais un rêve et dont plus rien n’existait autour de moi excepté cette longue file évoquée plus haut.

En quelques minutes, le grand cortège est passé à ma hauteur. Toujours aussi lentement. J’ai pu ainsi voir, un à un, les éléments qui le composaient.

Tout ce qu’un petit cirque de province peut offrir était alors sous mes yeux. Car il s’agissait bien de ça et après être resté quelques jours sur place, il reprenait sa route pour aller vers un autre endroit, un autre lieu où il apporterait le rire, la magie et l’émerveillement, entre autres.

A un moment, des applaudissements ont retenti à quelques mètres de moi. Je me suis jointe à cette démonstration, toute émue. L’avenue reprenait vie et avec le soleil qui était toujours présent, un air de fête semblait y régner.

Cette façon de remercier ces personnes itinérantes m’a fait chaud au coeur mais c’est surtout un geste que j’ai eu en retour du mien qui restera au fond de moi, pour toujours.

Avant de m’engager dans ma rue, car j’étais arrivée à destination, j’ai levé la main pour dire au revoir à ce long cortège. Et là, une main inconnue a répondu…

Je suis rentrée chez moi encore toute bouleversée, émotive comme je suis. Il m’a fallu quelques instants pour reprendre le cours de ma vie qui m’a semblé monotone après ce que je venais de vivre car je savais que ce cirque était de passage et que, sans doute, je ne le reverrai plus…

 

Texte écrit par Odile Stonham @ Tous droits réservés.

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Odile Stonham

Odile Stonham (216)

Bonjour,
Je m'appelle Odile et j'ai soixante-et-un ans. Je vis en Normandie, particulièrement dans le Calvados. Je suis mariée et j'ai deux grands enfants dont l'un m'a donné la joie d'être grand-mère de deux petits bonshommes : Ethan et Alexander.
J'ai commencé à écrire des poèmes à l'âge de seize ans et cela m'a beaucoup plu. Puis, petit à petit, j'ai continué à en faire. Etant sentimentale de nature, cela y a peut-être contribué. je ne sais pas. Mes sujets sont variés. Je les prends comme ils me viennent.

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4 Commentaires
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Laurence de Koninck
Membre
1 septembre 2024 14 h 37 min

Texte joliment écrit. Un beau souvenir d’enfance qui me replonge dans la fête du cirque il y a bien longtemps ! Mais certains souvenirs ne vieillissent pas. Merci pour ce partage au petit goût de nostalgie.

Laurence

Brahim Boumedien
Membre
31 août 2024 19 h 15 min

Des souvenirs et des plaisirs qui donnent une certaine beauté à la vie ! Merci pour ce partage, Odile !