On se sent comme une ville pillée
Complètement dévastée
Comme une fleur blanche
Que le papillon a délaissée
Comme une fleur butinée
Qui ne donne plus de nectar
Comme une reine découronnée.
Comme une couronne sans roi
Comme un papillon sans ailes
Qui doit pourtant voler
Et ces chants qui s’imposent à nous
Ne sont plus que des rengaines
S’ils l’avaient jusque-là été.
Ils traduisent
Quelque chose de notre histoire
Et purge un peu notre peine.
Puis on se dit
qu’on n’est pas la seule
Et qu’il y en a d’autres
D’autres qui passent par ce même chemin
D’autres qui traversent le même désert
Et on trouve que c’est triste.
C’est triste d’y penser.
Puis on se dit que ça va aller
Et à ce moment là
Ça va aller veut dire que
L’autre va revenir.
Peut-être.
Et on attend.
On attend.
Et on s’accuse.
Et on culpabilise
Et on se dit que c’était nous
Qu’on était le problème.
Le problème et sa cause.
La cause et le probleme.
Que c’était tout de sa faute.
De sa faute à soi.
Et on fait le Mea Culpa d’une faute.
De sa faute.
La faute qu’on a pas commise.
De la faute qu’on est.
J’étais enfant.
🪶
Lucienne Maville-Anku, 2013

"C'est en écrivant que j'apprends à écrire."
Je suis originaire de la Martinique, une des charmantes petites iles de la Caraïbe, et vis au Royaume-Uni.
J'écris depuis de nombreuses années, et ce sont les autres, dans un premier temps, qui par leurs nombreux encouragements et appréciations a la lecture de mes textes m'ont aidée à prendre conscience que j'avais des talents à valoriser.
Ce désir d'écrire et de mieux écrire qui niche en moi depuis l'âge de 15 ans n'a jamais cessé d'aller croissant. Aussi, j’expérimente que c'est le fer qui aiguise le fer, et que plus j'écris, plus je désire écrire, et apprends de la sorte à écrire en autodidacte, par le soupir, par le désir, comme un feu qui s'attise.
La Poésie elle-même m'enseigne, j'apprends d'elle et découvre plus de sa beauté et sa diversité en lisant et en appréciant ce que d'autres écrivent et expriment, notamment sur cette plateforme, terrain de partage et d'expérimentations où foisonnent tant de talents qui m'émerveillent. C'est une vraie galerie d'arts uniques.
J'écris et développe cet art d'écrire en cultivant ma relation avec la Poésie, 'bon pédagogue’ qui m'instruit et m'éduque, et l'écriture elle-même qui comporte aussi des vertus thérapeutiques contribue à mon développement personnel. Cependant, j'ai souvent désiré participer à des programmes de formation pour parfaire mes talents et la stylistique.
J'ai compilé déjà plusieurs recueils de textes poétiques que je souhaite "dé-confiner" pour les mettre à profit, partant du principe que ce que l'on partage, on le gagne, et ce que l'on garde, l'épargnant à l'excès, on le perd.
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Dans ce poème enrichi d’idées et de sentiments, se mêlent et s’entremêlent des accumulations de dévastation; de beauté délaissée, de manques et de privations, de tristesse et de propos d’apaisement. Cette triste épopée sentimentale a pour fondement la rupture sentimentale (” L’autre va revenir.// Peut-être.// Et on attend.) ; cette rupture sentimentale est étayée par des sentiments de culpabilité, de confession et d’auto-justification, pour enfin déboucher sur une fin énigmatique : “Et on fait le Mea Culpa d’une faute.// De sa faute.// La faute qu’on a pas commise.// De la faute qu’on est. //J’étais enfant.”. Qui est l’accusé ici ? Le père ? La mère ? A qui donc la faute ? Mystère !