
On s’est donné rendez-vous vers minuit sous un chêne près du lac
A la pleine lune
Je sors de chez moi plein de ferveur et d’exaltation en imaginant déjà ta présence
Toi la meilleure des fées toujours aussi éblouissante et fascinante
C’est chaque fois une fête quand nous nous retrouvons ensemble
En laissant de coté l’existence ordinaire
Ce plaisir de te rejoindre me rend fervent, impétueux, éperdu et fougueux
Je traverse le bois en imaginant que tu es déjà là pour me donner la main
Cette balade en pleine nature sauvage revêt ainsi un charme particulier
C’est comme un enchantement magique qui me rend tout feu tout flamme
Mais soudain la cime des arbres vacille et de lourdes branches se mettent à tomber
Un terrible vacarme retentit autour de moi et de grands arbres s’effondrent déracinés
Cette tempête ravageuse autant qu’imprévisible m’oblige à chercher un refuge
Je trouve un abri précieux sous un rocher dans un trou des Nutons
Je m’y sens bien en sécurité mais je dois y attendre que le calme revienne dehors
Y passer la nuit et davantage encore, si bien qu’on peut oublier le rendez-vous de minuit
Mais que se passe-t-il subitement ? Voilà que j’entends un complet silence bien durable autour de moi
Le calme est revenu dehors, les oiseaux se remettent à chanter
Je me sens à nouveau plein de fougue et de frénésie pour aller te retrouver d’ici peu
Voilà qu’un grand renard couleur de feu me précède sur le sentier
Il se dirige peut-être vers le merveilleux lac lui aussi
C’est un site enchanteur, sublime et fabuleux à l’abri des humains ravages
Car il fait partie du domaine protégé par la divine Danaé Londine
Je vais y retrouver “la reine des fées”, celle qui fait ma délectation, mon ravissement, ma félicité
Elle s’y promène parfois mais comme moi et les autres humains elle ne peut y séjourner qu’une journée
C’est l’occasion pour elle de se payer du bon temps car l’existence en ville n’est pas une sinécure
Sans verser dans un hédonisme excessif on peut dire que ce paradis vert nous invite gratuitement aux plaisirs et au ressourcement
A l’avant le goupil a pris les devants à grandes enjambées et est sorti de mon champ de vision
Je quitte à présent le bois et j’aperçois en contrebas les eaux turquoises et lumineuses sur une grande étendue
Je ne m’attarde pas pour contempler la beauté unique de cette nature encore sauvage
J’éprouve certes un complet ravissement mais un zèle impétueux et endiablé me pousse à rejoindre la belle au plus vite
Elle m’attend sous le chêne séculaire sur les branches duquel chantent gaiement tant d’oiseaux pendant la journée
Mais à présent le soir tombe et je veux me rapprocher à temps du but de ma longue marche
Il me faut avancer pendant quelques heures encore en suivant la rive
Enfin j’aperçois cet arbre vigoureux et majestueux plus encore que naguère
Mais mon amie pourtant fidèle n’est pas assise sous son abondant feuillage
Aurait-elle eu un empêchement de dernière minute ?
Il est minuit à présent. Je reprends mon souffle en m’asseyant sur l’herbe pendant quelques instants.
Je me lève au bout d’un moment et mon regard se porte machinalement vers les eaux du lac
Mais que vois-je, éclairée par les rayons vifs de la pleine lune de juillet ?
La belle est en train de se baigner avec un plaisir évident
Je me sens subitement empli d’allégresse et d’un ravissement inexprimable
Je crie son nom et elle me fait signe joyeusement en accomplissant encore quelques brasses énergiques
Puis elle nage vers moi et marchant sur le rivage, elle retrouve et passe sa robe légère aux couleurs vives
Nous sommes heureux de nous couvrir de bises l’un l’autre et je sors un cadeau de mon sac à dos
C’est une couronne de laurier dont je lui ceint la tête d’un geste solennel
Car c’est elle la championne dans tous nos jeux et je veux l’honorer du symbole de la victoire
Puis nous nous asseyons sous le chêne et devisons gaiement et passionnément en nous tenant la main
Notre idylle se poursuit jusqu’à l’aurore et aux premiers chants d’oiseaux
Car déjà nous devons nous préparer à retourner chacun vers nos occupations quotidiennes