Vous qui gouvernez du haut de vos bureaux capitonnés,
La tête penchée sur des graphiques qui mentent autant que vos communiqués,
Savez -vous seulement ce que c’est que d’attendre deux heures à la banque alimentaire
Pour repartir avec trois pâtes, deux boîtes de conserve et l’impression de déranger ?
Vous avez la réactivité d’un volcan endormi
Et la mémoire courte de ceux qui n’ont jamais eu faim.
Quand ça brûle dans la rue,
Vous convoquez une réunion…pour planifier la suivante.
Vous parlez de « priorités nationales »
Pendant que les factures se hissent plus haut que les salaires.
Vous votez des budgets comme d’autres griffonnent des listes de courses,
Sans jamais vous demander qui va payer la note.
Les milliards ? Ce sont vous qui les avez perdus.
Par votre mauvaise gestion, vos choix absurdes,
Vos cadeaux discrets aux amis bien placés,
Et ce gavage en règle de politiciens repus
Qui confondent « servir » et « se servir ».
Les scandales ? Vous les empilez comme des trophées dans vos placards,
Et quand l’un déborde, vous inventez un motif creux pour l’embaumer.
Langue de bois, langue d’ivoire….
Pendant que vous sculptez vos phrases, la réalité sculpte des cicatrices.
La France gronde.
Et quand elle se lèvera,
Vos chaises ne seront plus assez solides,
Vos murs pas assez hauts.
Nous ne vous devons plus le silence,
Et encore moins le respect.
Le respect, ça se gagne….
Et vous, vous avez trouvé le moyen rare de le perdre sans même livrer bataille.