
Je m’étais, lentement, absenté de moi-même,
Ne sachant distinguer l’hiver du plein été,
Ignorant qui je suis ou même qui j’étais,
Le ventre débordant de jeûne et de carême.
Et ma vie naviguait comme sur un trirème,
Fragile et pauvre esquif par le flot maltraité,
Egaré sur la vague au goût d’éternité,
Tapissée d’une écume ainsi que d’une crème.
Je suis l’Inexistant. Nul ne peut me connaître.
Je ne peux me raidir, je ne peux me cambrer,
Je vogue dans l’éther amorphe et démembré,
Car, n’étant jamais mort, aucun ne m’a vu naître;
Et rien autour de moi n’occupant mon regard,
Je vais par les chemins qui mènent nulle part.
Joli poème pour un inexistant démembré ! Avec quel membre l’as tu rédigé ?