On les appelle les filles de joie
Je n’ai jamais compris pourquoi
File la laine, file la soie
Pour protéger ces sans-voix
Ces femmes que l’on martyrise
Autant de vies que l’on maitrise
De souffrances que l’on autorise
De crimes que l’on banalise
Un métier vieux comme le monde
Depuis que la bête immonde
Choisit la brune choisit la blonde
Pour en jouir quelques secondes
Plaisir des hommes mépris des femmes
Qu’ils consomment en croque-madame
D’une étincelle allument la flamme
Sur le bucher du macadam
Véronique Monsigny,
Novembre 2023

J'ai commencé à écrire des poèmes à l'âge de 60 ans. Ce n'est pas moi qui les ai cherchés, ils se sont imposés à moi comme une bouffée d'air pur au moment de la retraite. Enfin laisser parler les mots qui dorment en moi !
J'ai lu Victor Hugo et Lamartine à l'adolescence, puis Aragon et Baudelaire un peu plus tard. Brassens a bercé mon enfance. Ils m'ont appris à rimer en alexandrins.
Le virus était en moi. Il y a sommeillé le temps de travailler, d'élever mes enfants, de taire mes maux pour mieux m'occuper de ceux des autres.
Et voilà le flot de mes rimes sur lesquels je navigue aujourd'hui, au gré des jours bons ou moins bons. Ils me bercent, ils m'apaisent... je vous en offre l'écume du jour.
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En écho avec vous…
Sous un éden artificiel, la divine se déhanchait
belle comme le jour quelle ne voyait jamais
ses bas coutures ensorcelaient même la lune.
Elle traînait son spleen sur le bitume
le dissimulant sous un air de bonheur
promettant d’offrir bien plus que cela
illusion tangible ”poudre aux yeux”
”foudre au pieux”
aussi réelle que ”fille de joie”
que ses hommes acceptaient l’espace d’un instant.
Février faisait frissonner sa peau, ses maux.
Le vent décoiffait ses espoirs et son capital
s’engouffrant dans son porte jarretelle
lui offrant la chair de poule…
Pas un chat, le moins quinze et le cinq heures de mat
avaient refroidi toutes les envies.
Mais ses envies à elle
n’étaient pas les mêmes que les siennes à ” LUI ”
elle n’avait pas le même tarif, la même compté.
Les mots soufflés entre deux raclées
lui insufflaient le courage qu’elle n’avait plus.
Elle ne devait pas partir
une main devant, une main derrière
comme disait son julot.
Les bleus du corps se cachaient
dans la pénombre de la nuit
les bleus de l’âme se réfugiaient
derrière son sourire.
Écorchée vive, elle donnait gratuitement
sa tendresse à tous ses clients
ça c’était cadeau et c’était du vrai…
Au loin la brigade des mœurs
venait chambrer un peu les filles
des rires, un respect mutuel sans équivoque.
La divine passera plus de temps ici à leurs côtés
qu’avec ” LUI ”.. grâce à Dieu.
J’aime beaucoup, pour avoir souvent écrit sur ses dames je comprends votre Filles de joies. Elles sont censés apporté de la joie. J’ai habité 15 ans à l’angle de la rue Saint-Denis dont j’aime vos mots… merci pour elles.
Magnifique poème, Véro ! Il relate une triste vérité : “Plaisir des hommes, mépris des femmes”. Tu le dis tellement bien ! Dans l’un de mes poèmes, intitulé “un Ange au milieu des loups“, j’en parle, mais pas aussi bien que toi ! Merci, chère amie !
Te voilà sur la même longueur d’onde que Georges Brassens !
Et si j’en faisais une autre chanson?