Echapper au temps – Alain Salvador

Le temps…

Le temps qui passe…

Le temps qui passe, inexorable, imperturbable, sans espoir de retour, sans marche arrière possible.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes sur un tapis roulant qui nous emmène inlassablement sans marquer une pause, sans une panne éventuelle qui pourrait l’arrêter pour un instant, un instant seulement…

Il est implacable, ne nous fait aucun cadeau, ne nous accorde nul repos ni répit. Depuis notre naissance, il a posé les mains sur nous et ne nous lâche plus.

Il nous a attrapé par le collet, nous entraîne et nous malmène avec sa poigne d’acier au gré de ses humeurs du moment.

Nous ne sommes plus que des pantins dont il tire les ficelles dans un scénario dont lui seul connaît le dénouement.

Mais le temps qui défile n’est peut-être qu’illusoire, qu’un instant présent qui se prolonge vers de nouveaux horizons que l’on appelle avenir.

Ce temps est peut-être figé et c’est nous qui glissons dessus comme sur un lac gelé, incapable de nous arrêter tant l’énergie de la vie qui nous anime nous pousse toujours en avant.

Mais la grande horloge du temps est bien là ! Que ce soit elle qui égrène infatigablement ses heures, ou nous qui surfions sur la surface de son cadran, cela aboutit au même résultat final, le temps défile à la même vitesse pour tous, aucune injustice en ce domaine.

En physique il existe quatre dimensions connues : Les trois qui nous situent dans l’espace géométrique et la dernière qui est le temps.

Nous sommes tous prisonniers de ces dimensions. Pas moyen de s’évader de cette prison tant que les scientifiques n’auront pas découverts les portes qui ouvriraient de nouvelles perspectives de libération de cette emprise qui nous angoisse de par notre incapacité d’y échapper.

Les chercheurs font des découvertes qui pourraient laisser présager des ouvertures possibles sur un voyage à travers le temps. Mais tout ceci n’est que très spéculatif et très peu probable en réalité. Des théories inapplicables de par leurs complexités, et certainement pour de nombreuses années encore.

Dans le labyrinthe du temps dont nous ne sortirons que pour aller dans un monde inconnu, la seule issue possible et inévitable, quelles sont les armes mises à notre disposition pour lutter contre un tel ennemi cruel et sans pitié, qui a ses propres règles et qui ne veut jamais nous laisser souffler un instant, nous octroyer une trêve ?

Quels moyens avons-nous pour nous rebeller et quelles ruses devons-nous employer pour tenter de nous soustraire à cette emprise qui ne veut desserrer son étreinte pour nous en échapper ?

Dire stop à tout ça et s’accorder un moment de relâchement, de plénitude et de tranquillité pour se donner l’illusion d’être Maître du temps et de disposer de lui comme bon nous semble, et laisser libre cours à notre imagination ?

Se déconnecter de ce monde en ébullition et savourer ces minutes ou ces heures volées au temps qui court, par la pratique du yoga qui nous mettra hors circuit le temps d’une méditation ?

Sur l’autoroute du temps qui passe, pouvons-nous devenir des êtres intemporels de par nos habitudes, nos attitudes, avec une philosophie dont nous nous  serons imprégnés l’esprit ?

Imaginons… Mettons notre clignotant et quittons-la pour un instant. Garons-nous sur une aire de repos et laissons le temps filer…

Ce temps qui nous échappe comme un voleur que l’on ne peut rattraper, brisant nos rêves dans sa course folle. Du temps, nous n’en avons jamais assez pour mener à bien tous nos projets, concrétiser toutes nos idées.

Alors qu’il parte devant et prenne de l’avance, il saura bien nous retrouver pour nous faire porter le fardeau de nos soucis.

Aller moins vite pour mieux regarder…

Partir à pied pour redécouvrir notre ville à travers de petites rues jusqu’alors inconnues…

Errer dans la nature et trouver des endroits cachés, merveilleux et calmes.

Laissons- nous bercer par cette brise légère et rafraîchissante qui nous frôle et nous caresse, nous mène pendant quelques instants privilégiés dans un univers où la sérénité est la seule loi en vigueur.

Surtout ne pas se laisser aspirer par un ouragan qui voudrait nous entraîner dans un tourbillon effréné vers un monde austère, sans avenir.

Pour une tranquillité bien méritée, savourons ces moments cueillis, désormais hors du temps. Et puis pour une fois, profitons-en en égoïste, nous qui sommes plutôt du genre altruiste.

Seul devant notre boisson préférée avec un bon livre qui nous fera rêver ou voyager, le temps d’en parcourir quelques pages. Pourquoi pas devant un bon film aussi… Faire le point sur notre existence, sur des événements qui nous touchent et nous font réfléchir, qui nous émeuvent ou nous laissent indifférents.

Ou partageons ces instants avec nos proches, toute cette famille de cœur ou de lignée qui nous est chère. En compagnie de personnes qui elles aussi se seront extirpées des griffes du temps pour nous consacrer quelques précieux instants de leur vie, ou que l’on aura réussi à entraîner dans notre évasion furtive.

Entamer des discutions sur tout et sur rien, des échanges qui n’entraîneront aucun conflit, aucune tension entre les convives, juste du plaisir de par la convivialité qui se sera installée autour d’une bonne tasse de café ou de thé, voir devant un agréable repas pris entre amis.

Et nous glisserons la photographie de ces instants heureux dans le grand album de nos souvenirs indélébiles.

Pour tenter d’échapper à l’emprise du temps, devons-nous nous plier à la dictature des modes, les subir pour toujours paraître « à la page  » , en harmonie avec elles , une osmose plus ou moins forcée, et essayer d’en faire un compagnon de route pour une vie en symbiose.

Au contraire, garder le « look » d’une époque révolue, quitte à passer pour un ringard, et se laisser croire que pour nous le temps s’est immobilisé… Vaine illusion…

Nous aurons toujours l’âge de nos artères, quoi que l’on fasse ! Et quelques soient les doses de « Botox » injectées sous notre peau pour tenter d’estomper les rides qu’ont laissé les années passées, rien n’y changera, notre corps sera le reflet du temps qui passe.

Nous ne pourrons que tricher si nous n’acceptons pas cette réalité, si nous n’acceptons pas ce que nous sommes devenus au fil des années.

Nous aurons beau prendre toutes sortes de médicaments, de remèdes, de potions magiques, nos douleurs dues au vieillissement de nos cellules finiront toujours par nous rattraper.

Notre mémoire défaillante nous jouera bien quelques tours, embrouillera nos souvenirs par quelques confusions et certaines images de notre vie seront à jamais effacées. Mais d’autres clichés ressurgiront du fond de notre passé et raviveront des scènes que l’on croyait à jamais oubliées.

Pour que l’image que l’on montrera de nous soit la plus belle possible, nous nous servirons d’artifices qui dissimuleront tout ce qu’il ne nous plaît plus en nous, tout ce que nous rejetons, tout ce qui nous fait détourner notre regard de notre miroir.

Nous nous ornerons de beaux bijoux, irons chez le coiffeur, chez l’esthéticienne pour acquérir des secrets d’un maquillage réussi et trompeur à la fois.

Notre corps flétris nous les parerons des plus chics vêtements à la mode du moment, des artifices qui tendrons à nous rajeunir.

Nous ferons un peu de sport pour entretenir ce corps et notre santé.

Nous ne mangerons que ce qui est bon et sain pour cette santé qu’il nous faudra préserver le plus longtemps possible.

Nous nous intéresserons à la culture qui nous sera contemporaine, aux nouveaux courants artistiques.

Nous ne nous laisserons pas dépasser par la technologie et tâcherons de nous y adapter. Toujours rester « branché », ne jamais se laisser décrocher car la remontée serait difficile.

Voir en Internet un outil qui nous facilitera la vie et nous fera gagner du temps, un temps si précieux qu’il nous sera désormais compté.

Échapper au temps, non ce n’est pas possible… Mais vivre en équilibre avec lui, nous en sommes tout à fait capables.

La jeunesse, c’est avant tout dans la tête que ça se passe. Ne pas laisser la nostalgie s’installer en nous et vivre l’instant présent, mais toujours le regard tourné en direction du futur, même si l’avenir ne nous semble plus aussi prometteur que par le passé.

Nous voulons échapper au temps ? Qu’à cela ne tienne ! Si notre corps ne passera pas à travers les mailles du filet, notre esprit, lui, est peut-être bien plus rusé…

Ce temps qui nous tient, nous oppresse et nous stresse, délivrons-nous de son étreinte, débattons-nous bien fort afin qu’il lâche prise. Laissons-le filer et bon vent…

A toi, temps immuable, douloureux trop souvent, je te laisse mon corps mais tu n’auras pas mon âme. Elle m’appartient, j’en fais ce que bon me semble… Méfies-toi, elle paraît être douce mais elle est indomptable et sauvage… Et qui peut dire si elle ne te survivra pas !

Mon esprit est ailleurs que dans les ténèbres. Il est inlassablement tourné vers la lumière, celle qui toujours a éclairé ma vie, auprès de qui je me suis souvent réconforté durant mes jours sombres, mes années difficiles.

Temps impitoyable, tu peux toujours essayer d’éteindre cette flamme, souffler sur cette bougie qui entretient cette lueur au fond de moi pour les journées où mon moral est au plus bas, où mon corps ne me suit plus, tu t’essouffleras et n’y arriveras pas, car cette clarté qui m’a toujours guidé n’a qu’un seul nom, l’envie de vivre.

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Alain Salvador

Alain Salvador (387)

Je suis né en 1956, et ai toujours eu le goût pour l’écriture.
Cependant je n’ai fait aucunes études , ni de lettres ou autre chose de bien gratifiant.
Je n’ai qu’un CAP de mécanique en poche et ma vie passée en usine , ma famille avec mes trois enfants, font que depuis ma retraite, j’ai repris du temps pour me consacrer aux mots.
On pourrait dire de moi que je suis plutôt un autodidacte.
Les quelques personnes à qui je fais lire mes textes me disent que j’ai une facilité d’écriture.
A ceux-là je leur réponds: ”ce n’est pas toujours aussi facile qu’il y paraît… ” Et pour l’orthographe, et bien je révise les règles…Il n’est jamais trop tard si l’on veut entreprendre quelque chose dans sa vie.

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4 Commentaires
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Martyne Dubau
Membre
14 octobre 2021 10 h 28 min

quelle belle page sur le temps , tu as dû y passer du temps !
ce temps qui nous presse , nous pousse, nous manque, nous marque
mais qui , toujours, à la fin, nous prend, nous emporte .

Colette Guinard
Membre
14 octobre 2021 9 h 39 min

Le temps qui passe quoi que l’on fasse est la seule justice en ce monde pour tous les humains ,on ne peut arrêter l’horloge du temps on veut vivre oui mais???????????????Bonne journée profitez bien du temps qui reste !Blanche