Clé de l’Orthographe n° 30
Au fil du temps et des corrections, je me rends compte que certains points sur lesquels je ne me suis jamais posé de questions peuvent représenter une difficulté récurrente pour d’autres. En voici un exemple qu’il ne me serait jamais venu à l’idée de traiter si je ne le trouvais pas régulièrement en correction : comment reconnaître « serrer » et « servir » au présent de l’indicatif, quelle que soit la personne du singulier. Phonétiquement, ce sont les mêmes : « je serre (tu serres, il serre, selon la narration) la main de (mon) visiteur et je lui sers (tu lui sers/il lui sert) un rafraîchissement ».
C’est bien là que le bât blesse, nous avons affaire à de parfaits homonymes.
Pour vous en sortir, la solution la plus simple est de mettre votre sujet au pluriel : « nous serrons (vous serrez/ils serrent) la main de nos visiteurs et nous leur servons (vous leur servez/ils leur servent) des rafraîchissements ». Votre oreille vous a d’ores et déjà donné la bonne réponse.
Mais revenons quand même aux bases, l’important étant à mon avis de comprendre. Pour cela, retournons à nos premières leçons de conjugaison et partons de l’infinitif :
- Serrer (dans ses bras) : verbe du premier groupe, il se conjugue comme chanter, donc je chante/je serre, et ainsi de suite ;
- Servir : verbe du troisième groupe. Même si, dans ce groupe, les conjugaisons sont différentes d’un verbe à l’autre, on peut quand même noter que dans la majorité des cas, les terminaisons sont : je… -s, tu… -s, il… -t, nous… -ons, vous… -ez, ils… -ent OU -ont. Partant de ce principe, on a bien : je sers, tu sers, il sert, nous servons, vous servez, ils servent.
Vous voyez, je savais que vous le saviez, c’est juste qu’on oublie parfois de revenir aux bases !