L’abeille abattue et l’osmie battante – Christian Satgé

Petite fable affable   Ferme comme rocher, froide comme un torrent, La belle abeille a bu, comme une volucelle, Aux fleurs pailletée de cette humide étincelle Qui annonce, dès l’aube, un beau jour odorant. Et pourtant, rien n’égaie l’apidé matinale Qui va si tristement au sien labeur qu’Osmie S’en inquiète tout haut avec la machinale … Lire plus

Le mille pattes inquiet – Christian Satgé

             Petite fable affable   Il ne pouvait faire un pas, ce mille pattes,Sans poser, à ses rencontres, questionsEt problèmes or que répondre, patate,À qui s’est donné pour seule missionD’être quelqu’un car il se sentait quelque chose.Voilà qui n’est pas simple et pousse à la glose. Que ce myriapode croisât l’osmie,Un … Lire plus

Réussir ? – Christian Satgé

Petite fable affable Un censeur qui vivait comme un vrai pourceau, Gras même dans ses rires qui sonnaient glas Lanternait en tout, las, depuis son berceau. Aussi gagnait-il moins sa vie, lourd et las, Qu’à être connu, notre bon bécasseau. Jusqu’au ce jour faste, où se fit la lumière Dans son esprit quelque peu… oui… … Lire plus

Le paresseux pressé – Christian Satgé

Petite fable affable Un paresseux ne pensait pas ou pensait peu Perdu dans ses songes, pendu comme liane, Attendant que la mousse velue, quand il pleut, Lui recouvre, nouveau pelage, corps et couenne. Il stagnait, le doigts plus affûté que l’esprit, Fardeau aux arbres, risée des oiseaux, des singes, Parce que ses pères ont fait, … Lire plus

Pétard au prétoire – Christian Satgé

Petite fable affable Un oiseau de passage, miséreux Comme pas deux, las, se fait par la Rousse Coincer puis serrer comme un cul-terreux En geôle en un pauvre coin de brousse. Les poulets l’ont rincé du peu qu’il a Et le corbeau l’essorera du reste, Au demeurant quelques frusques lilas Et les haillons las d’une … Lire plus

L’aumône – Christian Satgé

Petite fable affable   Un vieux beau ayant fait bonne fortuneDans le chiffon, et jamais à court de tunes,Après un repas dans un grand restaurant,Offre un tout petit pourboire au chef de rang. Ce sont picaillons tenant du symboleQue ces quelques pièces, oui c’est oboleQui, ainsi donnée, ferait d’aucuns déchoirEt pousse le pingouin sombre au … Lire plus

Ânes affamés n’ont pas qu’oreilles – Christian Satgé

Petite fable affable   Une de ces nuits où le vent froid est si rêche,Deux ânes qu’on avait attachés là tête-bêche,Non par caprice ni jeu, mais par économie,Font face, en leur étable, hélas, chacun à sa crèche.Ah, le picotin tente l’un, comme son ami,Mais ils ont beau tirer, aucun ne mange ni mieNi miettes car … Lire plus

Tancer maintenant – Christian Satgé

Petite fable affable Deux animalcules se disputant, sans cesse,Dans le chaud du moment disaient mauvaisetés,Une fois le vent de l’oubli passé, regrettées.Rien n’en vaut de ces extrémités ou bassessesOù conduisent la lèvre pulsante et le cœurTrémulant une ire vaine, toute en rancœurs. Le premier était grillon de son état.Poupelet assez, ayant l’œil goguelu et l’âmeAussi … Lire plus

Chat alors… – Christian Satgé

Petite fable affable   Une dame que l’on dit, ma foi, des plus sagesRaconte, à un tendron qui n’est plus guère à l’âgeDe goûter aux fables, le bon conte qui vient.On le dit, de source bien informée, livien:« J’avais un chat que je mis, matin, au régimeLe trouvant trop gourmand à réclamer sa dimeÀ toute … Lire plus

S’en repentir sans mentir – Christian Satgé

Petite fable affable   Revenu de tout et prêt à y retourner,La chose était, las, de notoriété publique,Un renard confessait tout des défauts innésEt tares acquises dont cette républiqueDes forêts, jalouse sans doute, le disait Des mieux pourvus, ma foi. Ses ruses et mensongesÀ côté, passaient dès lors, quitte à défriser,Pour les plus nobles des qualités. … Lire plus

Pas de banquet sur la banquise – Christian Satgé

Petite fable affable   Une petite bande de pingouinsNe prenant pas facilement la moucheD’où, comme on dit dans leur baragouin,« Une belle maigreur de queue de louche »Ou « Tire-lire plus fendue que bouche »,…Cafardent sur leur banquise amoindrie.Alors, jusqu’à satiété, ça causeJamais repus et contredits… Mais gloutonner de l’air est triste chose :On ne … Lire plus