Autant en rapporte le temps – Jean-Marie Audrain

*

Elle a fait son temps

Dit-on quand elle a bien vieilli

Quand on ne peut plus rien tirer d’elle

La vieille horloge de mamie

Quand elle est devenue un peu trop sourde

Pour s’entendre donner l’heure

Avec sa trotteuse patte folle

Qui accélère et puis s’envole.

*

Le temps se joue

Le temps se noue

Le temps c’est nous

*

Sur son cadran, on se surprend

A se croire comme aimantés

Sur les ailes d’un moulin

Les aiguilles veulent se rattraper

La petite jalouse de la grande

Qui jour et nuit lui tourne autour

Jusqu’à l’heure du grand amour

Exactement deux fois par jour.

*

Le temps se joue

Le temps se noue

Le temps c’est nous

*

En pure verticalité

Joue contre joue, nez contre nez

Comme si tout s’était arrêté

Même la trotteuse voudrait jouer

Au jeu des trois paralysées

Zéro heure zéro minute

Paire de lunettes et bi monocle

Trotteuse inerte de fin du monde.

*

Le temps se joue

Le temps se noue

Le temps c’est nous

*

Le temps se joue

Le temps se noue

Le temps c’est nous

*

 

A écouter ici en chanson :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Jasmine Jasmine
Invité
Jasmine Jasmine
28 avril 2026 21 h 01 min

Que c’est beau ! J’adore
La fatondole du temps est tissée par nos humeurs
Merci Jean Marie

Picot marylise
Invité
28 avril 2026 20 h 03 min

Très beau ,poème et la chanson aussi ,ça me r’appelle l’Irlande ou j’ais faitun séjour super

parseghian viviane
Invité
parseghian viviane
28 avril 2026 15 h 49 min

Oh bravo, j’ai adoré … c’est beau, doux et un rien mélancolique … ça murmure de poésie et de musique que le temps ne pourra arrêter !

DANIEL Jacqueline
Invité
DANIEL Jacqueline
28 avril 2026 14 h 37 min

Super jolies, poésie, chanson, musique !!!! Merci beaucoup ….

Lauvergne Clothilde
Invité
Lauvergne Clothilde
28 avril 2026 14 h 30 min

Le temps se dénoue aussi… Parfois…

Soucachet Bruno
Invité
28 avril 2026 13 h 42 min

Oui, frérot : sachons un peu relativiser ,voire prendre quelque hauteur sur la dictature du temps qui passe ! Le temps de la contemplation est rarement un temps perdu !

Brahim Boumedien
28 avril 2026 13 h 29 min

Le temps s’en va, le temps s’n va madame
Las ! Le temps non, mais nous, nous en allons
Et tôt serons étendus sous la lame
Pour ce, aimez-moi cependant qu’êtes belle”
disait un grand poète à propos de la fuite du temps !

Merci pour ce partage, Jean-Marie !

Lescarcelle Nicole
Invité
Lescarcelle Nicole
28 avril 2026 12 h 24 min

J’ adooooore tout simplement 😉 …
Tic tac de mon cœur pour toi et tous …
Groooos 🥰

Libert Frédéric
Invité
28 avril 2026 10 h 59 min

L’horloge du temps humain
Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac….
N’est qu’un écho dans le vide,
Un battement oublié
Dans le cœur de l’invisible.
Ses aiguilles tracent des cercles
Sur le visage de l’illusion,
Mais nul instant ne se répète
Dans la demeure de l’Être.
Car le temps est un voile
Que l’âme traverse en silence,
Une rivière sans source
Où se reflète l’éternité.
Écoute –
Avant la seconde,
Avant le souffle,
Il y a cette présence nue
Qui ne naît ni ne meurt.
Entre deux pensées,
Une porte s’entrouvre :
Là brûle une lumière sans nom,
Ni hier, ni demain.
Alors abandonne les chiffres,
Délie-toi des heures comptées,
Et marche nu dans l’instant
Comme dans un temple sans murs.
Le yoga devient passage,
La respiration, invocation,
Et chaque silence
Une révélation du Tout.
L’angoisse se dissout
Dans l’abîme paisible du réel,
Et l’horloge s’efface enfin
Dans l’infini qui regarde.

Maud Chausson
Invité
Maud Chausson
28 avril 2026 10 h 28 min

Le temps se noué. S’egrenne pour nous emmener à l’étape ultime.