Au pied de la butte, le feu des ailes rouges
A la nuit revenue au bal des voluptés,
Pour un pas de danse à la sauvage beauté,
Consume les destins dans le sombre des bouges.
Terpsichore des peintres, reine des quadrilles
Aminche des perdus, délice du hasard
Pour Renoir ou Lautrec, calice sans regard
Venus de la pègre, de mille feux tu brilles !
Ton credo fut plaisir, paganisme bréviaire
Prière païenne au missel de la vie.
Bourgeois ou canailles ? Cabaret comédie,
Tu domptais les hommes ô femme belluaire !
Pour toujours et jamais tu seras belle divine,
Là-haut, le cœur sacré des artistes maudits
Dans l’absinthe et le vin absout les interdits,
Là-haut au cœur sacré de la sainte colline.
Sous le ciel des orgues, au son des barbaries
Les enfants des faubourgs, gavroches de la rue
Chantent sur le pavé ta folie disparue,
Mélopées souvenirs, orchestres rêverie !
Jambes de soie levées, tu t’envolais exquise
Au bras du désossé, danseuse papillon
Valentin te pleure image tourbillon,
Il se souvient encor de Madame Louise.
Arnaud Mattei, le 08 Février 2023
©2023 tous droits réservés

Les poèmes sont cent, ils sont mille, ils sont uniques. Ils sont de toutes les cultures, de toutes les civilisations. Ils sont odes, ils sont sonnets, ils sont ballades. Ils sont vers, ils sont rimes, ils sont proses. Ils sont le moi, ils sont l’émoi. Ils chantent l’amour, ils disent nos peines, ils décrivent nos joies. Ils ont la force de nos certitudes, ils accompagnent nos doutes. Ils sont ceux de l’enfance, ils traversent le temps, car ils sont le temps. Ils ont la pudeur de la plume, la force d’un battement d’ailes. Ils sont ceux qui restent, ils prennent la couleur de l’encre sur le papier, sombres clairs, multicolores.
Alors ces quelques mots pour la souffrance de les écrire, pour le bonheur de les dire, pour la joie de les partager.
Des quelques poésies de mon adolescence retrouvées dans un cahier aux pages jaunies, d’un diplôme jadis gagné à un concours à mes presque soixante ans, il se sera passé un long moment de silence, une absence que le vide du temps ne saurait combler. Je crois avoir fait de ma vie, une vie simple et belle avec ceux que j’aime. Pendant ces quelques décennies, les mots sont restés au plus profond de moi.
Aurai-je la force de les dire, saurai-je être persévérant pour les écrire ? Et vous, les écouterez-vous ? Peut-être aujourd’hui, peut-être demain, peut-être maintenant, qui sait….
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Ce poème est très beau. On y voit se dérouler, sous les ailes du moulin vermillon, la farandole des modèles et amis de Lautrec, génial orpailleur de la nuit : la Goulue (Louise Weber), Valentin le Desossé, et tous les papillons de nuit dont il a fixé l’image pour l’éternité des musées.
Belle époque !
Magistal !