voyages – Hissame Halaqui

VOYAGE

J’ai marché longtemps

J’ai traversé des continents

J’ai vu des contrés d’or et de vent

J’ai rigolé et pleurer comme un enfant

J’ai humé le parfum des forets,

Franchi des défilés et des montagnes sacrées

La terre s’est accrochée à mes souliers

Et les rivières m’ont offert de les traverser

J’ai dansé au clair de lune,

Surpris des rongeurs compatissant,

Suivi des mirages dans les dunes

Et parlé aux Touaregs au soleil levant

J’ai violé des propriétés

Et pénétrer dans des vergers,

Dégusté les fruits murs du figuier

Et dormi à la belle étoile du nouveau né

J’ai marché à l’aveuglette

Et plongé dans des eaux tièdes

Ma mémoire a retenu des couleurs de fêtes

Et des oiseaux aux allures fières et raides

J’ai traversé des fleuves à caïmans

Sur de vieux ponts tremblant

Et rejoint dans la plaine lointaine

Les lumières incertaines de la nuit Africaine

Le vin de palme m’a fait chanter

En compagnie de tous les hasards

Et des esprits errant ne sachant ou aller

M’ont ramassé sur un trottoir

Les étoiles m’ont vu passer

La lune m’a ouvert le passage

Et la savane, par la lune, dorée

M’a offert sa beauté irréelle en gage

j ai passé les frontières de nulle part

Dans des épaves sans freins

En pleine brousse j’ai sauté d’un train

Et parlé à mon écho quelques parts

J’ai fais des farces à des compagnons de sommeil

Une cigarette dans la bouche ouverte

Les bruits de la nuit m’ont tenu en éveil

Les noctambules de la jungle faisaient la fête

Le soleil dans la brume matinale

La végétation qui buvait les dernières gouttes de rosée

La cime des arbres embrumée et pales

La nature s’est fardée et maquillée

Au fur et à mesure que j’écris

Les souvenirs me reviennent plus précis

Et me reviennent en mémoire tant de récits

Ou ma marche s est mêlée à l’indécis

Des routes, compagnes de mes voyages,

Pistes de terres rouges du cœur de l’Afrique,

Ont surpris au petit matin des villages

Réveillés par un soleil magnifique

Un chien engourdi d’une longue nuit

Un gamin à poil qui retrouve peu à peu la réalité

Un homme qui s’assoit fatigué d’avoir dormi

Une femme qui s’active gênée par quelques poules affamées

La moiteur de la foret tropical

La lenteur des aubes claires

Les voix perdues qui se signalent

Les parfums de la terre qui s’emballent

J’ai pris les routes inquiétantes

De la Sierra Leone et du Liberia

Ou les espèces sonnantes et trébuchantes

Sont la seule réponse à tous les tracas

Dans un bar ma basse a retenti

En compagnie de vieux routards de la musique Cubaine

Et nous avons joué toute la nuit

Remplissant, les rues de grisailles,de  nos rires et de nos peines

J’ai repris plus tard mon voyage

En me dirigeant vers le pays de l’ivoire

Par des pistes forestières d’un autre âge

En compagnie d’une éponge qui aspirait tout ce qui était à boire

Un douanier zélé et dans le besoin,

Au poste frontière m’a suspecté d’espionnage,

Quelques deniers pour soulager sa faim

Nous permettaient de nous quitter avec sourires et hommages

Le continent Africain est d’une rare beauté

Ou mystère et quiétude s’entremêlent

Des arbres immenses ont l’air de flotter

Sur la surface de la jungle embrumée

parfois, chemin faisant, à la nuit tombée,

Vous entendez au loin des voix

Vous ne voyez rien mais la vie est à coté

La brousse c’est des larmes et de la joie

Un compagnon de route arrivé à bon port

M’invita chez lui pour la nuit

son père, très hospitalier, pour améliorer mon sort

me proposa une femme que j’aurai choisie

Le matin après une douche en plein air

Abrité des regards par quelques branches feuillues

J’eus droit au petit déjeuner de la grand mère

Avant de reprendre ma route reposé et repus

Ainsi j’ai marché droit devant

Faisant une pause de temps en temps

J’ai vu des bergers accompagner leurs moutons

Et j’ai pris la poussière drainée par des camions

La nuit est tombée sur les étoiles

Les bruits se font lointains et rares

Et la lune complice de ma cavale

M’entraine dans la lumière de son miroir

©Hissame

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