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Depuis déjà quelques heures est tombée la nuit.
Partout, autour de moi, il ne fait aucun bruit.
Le monde rêve, bien au chaud, endormi dans son lit.
Pour moi, je ne dors plus. Mon sommeil est parti.
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Je songe à m’en aller seule, très loin dans la nuit.
Je pense à partir seule, très loin sans faire de bruit.
Je rêve de m’éloigner seule, très loin dans le noir.
Laisser alors tous les miens, ne pas dire au revoir.
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Me mêler dans l’inconnu de cette froide nuit
Pour me confondre à tous ces chats devenus gris.
Pour revenir des jours, des semaines, bien après.
Quand cette triste histoire d’enfant sera terminée.
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Laisser faire, s’écouler le temps au fil des jours
Pour alors espérer, comme au tout premier jour,
Retrouver enfin notre premier petit-enfant
Et que la vie reprenne, recommence comme avant.
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Même si pour lui nous ne sommes que des inconnus,
Que cela fait trop longtemps que nous nous sommes vus.
Même s’il ne veut plus, ne désire pas nous revoir,
Qu’il nous a oubliés, que nous ne sommes plus dans sa mémoire…
@ Tous droits réservés.
Tu as fait de Shakespeare et de Mendelssohn tes sources de rêves et de faits d’hiver !
Bonjour Odile,
Beau texte imagé.
“Je songe, je pense, je rêve…” emploi de verbes expressifs qui parlent à tout un chacun.
Une envie, de s’échapper seule, pour… se recueillir, s’accorder un moment rien qu’à soi,
méditer (alors que les Autres dorment), faire le point,…
Vivre “sa douleur,” attendant que les Meilleurs jours reviennent.
Tout faire pour retrouver la joie, les belles émotions d’antan.
Texte touchant Odile, mélancolique, qui s’ouvre au final sur l’espérance de revoir à tout prix ton premier petit-fils.
La poésie est bien construite, elle évoque clairement “une problématique” que nous pourrions tous connaître, d’où notre empathie.
Cordialement.
G.L.
Très touchant poème qui parle de cette quête de soi et qui est honnête avec soi-même jusqu’au tréfonds du coeur.