L’un de mes amis auteurs, Hervé, se voit régulièrement refuser par les éditeurs tous ses manuscrits dans lesquels apparait le mot Dieu. Hervé n’est pas du tout ce qu’on appelle quelqu’un de religieux, mais il écrit des romans conduisant le lecteur au Tibet et dans le monde des monastère bouddhistes, ne pas insérer le mot Dieu apparaitrait littéralement comme une trahison.
Inversement, il suffit que j’écrive « Dieu Merci » pour que je reçoive une nuée d’Amen, Amen et encore Amen, de la part de mes lecteurs, religieux cette fois.
Le nom de Dieu mérite donc que l’on s’y attarde une petite…minute. A nouveau plongeons nous dans les sources scripturaires. Dans la Bible, le nom traduit par Dieu apparait comme un pluriel, par exemple Elohim. Dieu y apparait d’ailleurs sous une multiplicité de noms, certains étant des appellations locales comme El Shaddai. Dans la version hébraïque, on n’y lit qu’un d suivi d’un point (d.) et le lecteur se tait en arrivant sur cette lettre car le nom de Dieu est réputé ineffable en raison du Troisième Commandement : « Tu n’invoqueras pas le Nom de ton Dieu en vain ». On ne prononce donc jamais le nom Dieu chez les juifs. Etonnamment, en langue des signes, pour désigner Dieu on signe juste un D, mais en le dirigeant vers le ciel.

Dans la conversation courante, que l’on soit religieux ou non, on cite volontiers le nom de Dieu, dans des formules connues de tous : Si Dieu le veut, Inch Allah, Mon Dieu, Dieu Merci, C’est pas Dieu possible sans oublier Nom de Dieu.
Le nom de Dieu est encore aujourd’hui reconnu comme un pluriel, par exemple dans le titre du film Des hommes et des dieux. Dans l’hindouisme, Dieu se décline en Brahma, Vishnou et Shiva. Un Dieu pluriel et même trinitaire donc. Dans le christianisme, il est Père, Fils et Saint Esprit.
Pour terminer, je dirais qu’il est admis que l’on ne se moque pas de Dieu, surtout pas en jurant par son nom, car comme le disait Bernard Clavel, Dieu est Dieu, nom de Dieu. Dans cet esprit, je préfère plagier Doc et dire Nom de Zeus.