L’invitation à saisir le temps – Sarah Gastard

 

(Poème pour mon père de sang)

 

Profiter sans discontinuer

des pas que nous faisons,

de notre marche en pleine respiration – de ce que nous sommes

sans nous préoccuper de ce que nous inspirons aux autres :

merci papa de marcher avec ta légèreté, alors que tout te pèse,

tu es au-delà du regard extérieur

tu le maîtrises en te cantonnant à ce que tu es toi quand tu profites en toute éloquence de ton plaisir,

bonheur ultime de qui s’ouvre, coquillage apposé contre l’oreille de qui sait voir la béatitude de mon père.

Leçon de soleil à la face du monde des pauvres en matière de vie.

Profiter n’est-ce pas s’ouvrir au monde,

dans une lumière telle qu’elle éclaire chaque âme jusqu’à son fond ?

Profiter n’est-ce pas s’abandonner à la Volonté du Divin,

jusqu’à faire un avec les éléments ?

Sarah Gastard

Sarah Gastard (48)

Le renouveau est un art d'aimer. La poésie accompagne ce pas. Les écorces craquent, et le miracle apparaît.

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Jean-Marie Audrain
Membre
18 février 2026 17 h 41 min

Bel hymne à l’abandon.
Celui d’un ressenti négatif mort de sa belle mort
et celui à l’instant présent sous la bienveillance de la volonté divine.
Abandon à ton père du ciel et de la terre !

Lucienne Maville-Anku
17 février 2026 19 h 52 min

Beaux ses sons musicaux du coquillage apposé contre l’oreille attentive.

Un beau texte profond et pertinent, Sarah.

LMA.

“… sans nous préoccuper de ce que nous inspirons aux autres

Brahim Boumedien
17 février 2026 19 h 40 min

Entièrement du même avis ! J’ajoute simplement ce que disait un grand poète : “Le temps s’en va, le temps s’en va, madame, ; las ! Le temps non, mais nous nous en allons ! et tôt serons étendus sous la lame : pour ce, aimez-moi cependant qu’êtes belle” !
Merci pour ce partage !