Le bungalow du Bengali – Jean-Marie Audrain

*

Ce bungalow était en passe

De devenir une maison de puces

Les gogos y laissaient leur crasse

Et leur peau à la roulette russe.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Il sirotait sa menthe à l’eau

Avec sa belle amante au lit

Isabelle qu’il appelait Suzy

Que ce soit elle ou son sosie.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Sa bicoque luisant en bord d’île

Les matelots mouillaient au bord d’elle

Se soulager de leurs roupies

Au bungalow du Bengali.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Parfois accostait dans la baie

Celui qu’on appelait l’Abbé

Raide, il embaumait l’amidon

De la tonsure jusqu’au caleçon.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Un noir manchot jouait faux la nuit

Du rag au lit sur son banjo

« Oh négro, tu pues l’aïoli »

Alibi pour qu’il aille à l’eau.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Le bengali était bon gars

Il emballa le gosse Ali

Qui lui sifflait tous ses Bangas

Dedans son lit jusqu’à la lie.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

Suzy somnolait en bord d’eau

En rêvant qu’elle était Barbie `

« Tu es barjo ma petite souris »

Disait son gigolo groggy.

*

Au bungalow du Bengali

Pour les yeux de Suzy

 Au bungalow du Bengali

Tout l’ monde t’appelle ‘chéri’.

*

A écouter ici en chanson :

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

Pour lire partiellement et commander mon florilège auto édité https://www.amazon.fr/Petit-Prince-Mots-dit/dp/B0BFVZGNYM

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