Le siècle de l’ego – Jean-Marie Audrain

 

Hier, dimanche 3 avril, c’était la journée de collecte de fonds contre la faim dans le monde, en sus de la journée mondiale contre la faim dans le monde se tenant le 15 juin. Le CCFD-Terre solidaire nous a rappelé que 800 millions de personnes mourraient encore de faim.

Nous avions tous l’air de tomber de haut car les médias ne focalisent plus que sur la guerre en Ukraine et sur la campagne des élections présidentielles.

Où est-il ce temps où nous entendions sur nos ondes et dans nos églises des appels au partage, à la solidarité ? C’était au siècle dernier me répondrez-vous. Toutes les stars mondiales chantaient We are the world et Ethiopie meurt peu à peu. Les journaux télévisés nous montraient les enfants du Sahel au quotidien, les uns n’ayant que la peau et les os, les autres un abdomen gonflé d’air à outrance. Des disques se vendaient à leur profit par l’UNICEF ou autre association humanitaire. La radio diffusait « Quand tous les affamés et tous les opprimés entendront tous l’appel », dans nos églises résonnaient des « Ils sont des milliers à crier je veux vivre » ou encore « Rien ne changera sur la terre des hommes si la richesse meurt entre nos mains ».

Le siècle suivant, cette misère serait-elle devenue invendable, inchantable ? La mort fait partie du paysage médiatique, elle est devenue l’affaire des autres : des étrangers, des gouvernements et des ONG, mais surtout pas la nôtre !

Pourtant, le pape Jean-Paul II avait fait diffuser dans tous les pays du monde une longue lettre nous engageant à ouvrir nos yeux, notre cœur, et à retrousser nos manches « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Cette question est récurrente depuis des siècles et se lit trois fois dans la Bible (Genèse 4, 1-12, Matthieu 25, 31-46; et Jacques 1, 22-27). A l’origine, il s’agissait de la question posée par Dieu à Caïn qui venait de tuer Abel, son frère : « Qu’as-tu fait de ton frère ? ».

Dans nos églises, on n’entend plus ces chants invitant au partage ; n’y résonnent plus que des Amen ! Ignorance ou résignation ? Pourtant l’unique commandement biblique ne consiste-t-il pas à aimer de tous nos moyens Dieu et nos sœurs et frères ? Nous l’avons déjà rappelé, « de tous nos moyens » inclut le cœur, l’esprit et aussi nos moyens financiers.

Ce siècle fera-il résonner le triomphe de l’ego ? Le sacre du chacun pour soi ?

A chacune et à chacun de prouver le contraire.

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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