La sagesse des ans – Jean-Marie Audrain

   En relisant les sages paroles du médecin kabyle Mazouz-Hacene, je pense à toutes ces personnes qui gagneraient en sagesse en les lisant. Il professe par exemple que

« La sagesse est l’affaire des vieillards, le discernement, le fait du grand âge » Il rejoint par ces mots ceux de Job (12, 12) « La capacité est le trésor de la jeunesse, la sagesse est celui de la vieillesse ».

La réalité semble pourtant démentir ces vérités premières.

Je m’étonne un peu plus chaque jour de croiser, sur les réseaux sociaux, le visage de grand-mères de ma connaissance se faisant passer pour des ados ou de très jeunes femmes en utilisant des applications dédiées au rajeunissement du visage comme Faceapp. On y trouve un filtre rajeunissant votre selfie d’année en année, voire en dizaines d’années, et même un filtre permettant de combiner deux visages, comme par exemple celui de la mère avec celui de sa fille ou de sa petite fille. Ce filtre crée un personnage hybride totalement bluffant et donc trompeur, d’autant plus que son auteur se rajeunit d’autant de dizaines d’années sur son profil.

La possibilité technique crée la tentation d’y succomber, selon toute apparence. Même une amie carme déchaux (vêtue en tenue civile) y a succombé et attire ainsi les multiples likes de ses abonnés ainsi séduits par le charme juvénile de la carme du 3ème âge. On parlait du démon de midi qui poussait les hommes à tester leur pouvoir de séduction arrivé à mie-vie, mais on constate que ce démon a de longs jours devant lui s’avérant même le plus tenace des followers !

Aussi je ne puis que vous poser la question : pourquoi ce déni de la bonification des ans ?

La vieillesse serait-elle une maladie honteuse ? Pourquoi, au contraire, ne pas initier une veteran pride ?

Bien évidemment, cette problématique ne me concernera jamais vu que, je ne serai jamais vieux, mais juste vintage !

 

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (973)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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