La conversion du dahu – Jean-Marie Audrain

     Un thème est très tendance en ce mois de décembre : la conversion. On parle premièrement de reconversion professionnelle pour des employés du Tertiaire (banquier ou autre) ripant vers un travail d’agriculture ou de confection, manuelle comme industrielle, souvent pour répondre à l’appel de “Pôle”, Pôle emploi…

En entrant dans la période de l’Avent, les chrétiens sont, eux aussi, invités à la conversion, comme nous y appelle Jean-Baptiste, cet essénien vivant dans le désert où il ne se nourrissait que de miel et de sauterelles.

La conversion, on s’y adonne peu ou prou, on y réussit plus ou moins bien.

La première erreur serait de croire qu’il s’agit de faire un tour complet sur soi-même. Dans ce cas, on se retrouve sur sa position de départ. Cela ne s’appelle pas une conversion, mais une révolution.

Je préfère comparer la conversion de l’esprit à celle du skieur sur un versant de montagne enneigée. Il s’agit de faire pivoter ses skis un à un pour faire volte-face, pour regarder à l’opposé de ce fait. Là encore, il y a, non pas des confusions, mais des résistances. 

Devant les réticences, les hésitations de certains, je pense aussitôt au dahu. Vous devez connaître cet animal des montagnes qui a les pattes du côté amont plus courtes que celles du côté l’aval. Pour le capturer, il suffit de l’aveugler avec une lampe de poche, ébloui, il se retourne , ses pattes les plus courtes se retrouvent du côté de l’aval et il tombe…dans le filet qui vous aviez tendu.

De même, lorsque l’on amorce un parcours de conversion, on craint de se retrouver dans la situation du dahu. Cela n’empêche pas qu’il faille se convertir à n’importe quoi. Se convertir, certes, mais jamais sans mure réflexion et sondage de son tréfonds.

Il n’en demeure pas moins vrai que l’on craint de perdre quelque chose de la femme ou de l’homme du moment, de celle ou de celui que nous étions, ce que St Paul appelle le vieil homme. Au final, on doit savoir que, comme le skieur qui a réussi sa conversion, notre regard aura fait volte-face. Au lieu de le pointer sur notre ego, nous l’orienteront vers les autres et même vers le Tout Autre, celui que l’on peut nommer Dieu.

Pour vous rassurer, je vous conseille d’écouter tout l’appel de Jean-Baptiste : convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.

Il y a de quoi être conforté et même réconforté, ne le pensez-vous pas ?

La conversion, c’est un parcours possible, un parcours gagnant. Encourageant non ?

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (978)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Hervé, Marie
Invité
Hervé, Marie
13 décembre 2021 15 h 04 min

Parallèles intéressants. Il fallait y penser