Entre deux grand-mères (première partie) – Autobiographie Tome IV – Jean-Marie Audrain

IV – Entre deux grand-mères (première partie)
Mes souvenirs d’enfances avec mes grands-mères se rangeraient dans deux valises bien différentes. On alternait : un été chez l’une, un été chez l’autre
La maman de mon papa, veuve depuis longtemps, nous recevait, mes parents et moi-même, dans sa petite maison bretonne à Saint Brieuc. J’avoue n’en avoir rapporté qu’un maigre souvenir : le tas de sable noir dans un coin de la cour. Mon père m’avait payé un seau et une pelle en plastique. Le sable était très sale et très sec alors il se prêtait très mal aux pâtés de mon grand seau qui s’écoulaient aussitôt les uns après les autres. Très vite, comme je m’ennuyais à remplir encore et encore mon seau avec ce sable noir incapable de faire un pâté solide et qui en plus rentrait dans mes sandales et s’y collait, j’ai demandé à mon père de m’acheter un râteau et des moules. Sur la plage, j’avais aperçu un enfant qui faisait de super tortues avec son moule et un autre des crocodiles incroyables avec les écailles et tout et tout.
En guise de réponse, mon père me répondit : « Pleins-toi de ne pas avoir assez de jouets. Sais-tu avec quoi je jouais à ton âge ? Je trainais une boite de conserve vide au bout d’une ficelle ».
Evidemment, quand je lui ai demandé de m’en faire une, il a refusé net. Il avait raison, vu qu’il était champion pour mettre de l’huile partout en ouvrant les boîtes de sardines et faire hurler ma mère qui en avait marre de devoir passer et laver sa serpillère.
Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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