
Bonjour à tous et toutes,
Étudions le « kasala », poème d’éloge chanté ou récité, souvent improvisé, d’Afrique centrale et de l’Ouest.
Je vous propose mon écrit, accompagné de 3 kasala traditionnels suivis de quelques explications :
Awa
Je m’appelle Awa,
Je suis née à Nouakchott, capitale de votre Mauritanie.
Fille de Cheikh, dit le grand chef, nomade expérimenté du désert sacré qui désaltère l’Homme égaré mourant de soif.
Le serpent Caamaaba m’accompagne, sa force psychique coule dans mes veines. Je connais ses mille secrets pour soulager les personnes souffrantes et dans la peine.
Les faucons des grandes étendues sont mes yeux perçants qui voient absolument tout.
Le palmier, roi des oasis, veille sur vos cultures et vos irrigations et me partage ses vérités.
Je suis votre protectrice et ne demeure jamais loin de vous.
Kasala de Jean Kabuta :
Qui suis-je
Moi qui te célèbre?
Je m’appelle Jandhi Kabuta The-Artist
Celui-qui-fait-des-moyens-et-des-outils
Par-dessus tout, je suis le créateur des tremplins
J’offre à mon prochain le cadeau le plus précieux
Qui nous ancre tous dans la Terre Mère
Ce qui nous propulse tous au-delà de nous-mêmes
Alors on prend vraiment soin les uns des autres
Alors la paix abonde en toi et moi
Dans les arbres et les oiseaux ici et là
Je suis le rêveur aux yeux ouverts
Je rêve de voyages lointains
Au-delà de l’horizon
Kasala d’éloge traduit par V.Y. Mudimbe :
** « Je suis Mbuyi,
fils de Nkongolo,
petit-fils de ceux qui domptent la pluie.
Je marche devant l’orage,
Je parle et les chemins s’ouvrent.
Je suis le taureau qui ne recule pas,
la houe qui fend la terre,
la parole qui relève les vivants.** »
Kasala (forme traditionnelle condensée) :
** « Je suis Kena,
fils des marcheurs du matin.
Je porte la lumière
et j’ouvre les chemins.** »
Le kasala a pour fond une philosophie de l’être-ensemble et, pour forme une louange. Il célèbre une personne en l’inscrivant dans un réseau de relations. Il accompagne des moments décisifs : des intronisations, des mariages, l’accueil d’un hôte, des funérailles, des chants. Il sert de mémoire vivante, (récits de vie, hauts faits, guerres, migrations, événements), renforce la cohésion d’un groupe. – langage oral, pas de rimes, ni de longueur métrique –
Vous souhaitez vous lancer dans ce genre de poème ? N’hésitez-plus ! Écrivez un kasala en vous inspirant des exemples et indications évoqués ci-dessus. Adressez votre texte sur le site Plume de Poète. Merci et, bonne journée à vous.
G.L. Gérard Lepoutre.