Discours de sourd – Jean-Marie Audrain

LUI

Chers électeurs, mon programme, tient en deux mots : Septième république, Sept étant le chiffre de la perfection, à l’image de mon programme  et de son défenseur ;

Quand on aime, on ne compte pas, dit-on, aussi ne mâcherai-je pas mes mots : 

La septième république sera le septième ciel des droits et des libertés de tous mes citoyens.

A moi seul, je représente le programme commun, qui n’a rien de commun avec celui de 81, car le mien est commun au sens où il ne ressemble à aucun autre.ni communiste, ni communard, juste l’essentiel : comme 1, le numéro de celui qui sortira premier des urnes.

Voter pour moi signifiera voter pour vous,

Car je suis le porte-parole de vos désirs, de vos attentes, de vos rêves, de vos délires, de vos rancunes, de vos rancœurs, de vos ras le bol, de vos ras le cul, de vos ras la touffe, un programme de mise à mort de tous ces ras, ras ceci, ras cela et mêmes les ras non-dits.

 

ELLE

 Tu as oublié tes électrices, et elles, elles savent compter vu qu’elles attendent encore la sixième !

Quand tu fais le guignol au micro, plus personne n’avance, comme cela tu peux dire que tu fais l’arrêt public.

Tu as encore oublié tes citoyennes qui ne sont pas toutes transgenre et cela va te conduire sur l’échafaud médiatique, ainsi tu récolteras ce que tu as semé : des billevesées sexistes.

Tu t’y prends comme un manche avec ton programme commun, et cela n’est pas si commun pour un futur président aspirant à le tenir…ce manche. Pour ne pas dire comme un âne qui braie ses slogans sans recevoir de son en retour, âne qui ne se nourrit que de ses salades électorales à l’eau de rose, ou de rouge, pour ne pas dire au gros rouge vu ta tronche écarlate

Tu parles et tu penses à la place des gens qui ne t’on rien demandé. Tu n’écoutes jamais tes électeurs tant tu es sûr de toi et de tes mots ronchonnant et ronronnant comme une chansonnette : Amsterdam, Picole, pique les télégrammes, votez pour mes états d’âme, Amstramgram !

 

 

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (1)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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