Denise m’a tué – Jean-Marie Audrain

       

 

Malgré tant de temps donné

Autant d’amour partagé

Tant de caprices éhontés

Auxquels j’ai bien dû céder

Malgré tout mon cœur donné

Pitié ! Denise m’a tué !

 

Malgré les consultations

Les ordonnance à foison

Il était hors de question

D’admettre sa déraison

Donc tout jeter pour de bon

Denise ma trahison !

 

Malgré douze et longues années

A ne faire que m’incliner

Lui donner la vérité

Dire que j’allais tout changer

Dans ma façon de penser

Denise m’a achevé !

 

Malgré l’infinie patience

A me fondre dans la danse

De ses délires d’inconscience

A pardonner ses errances

A m’en crucifier les sens

Denise, oh ma souffrance !

 

Malgré les soirs de prière

Les chapelets de nos frères

Toutes les messes de nos Pères

Les suppliques à notre Mère

Les sacrifices mortifères

Denise ! Oh mon calvaire !

Jean-Marie Audrain

Jean-Marie Audrain (960)

A propos du bonhomme

Né d'un père photographe et musicien et d'une mère poétesse, Jean-Marie Audrain s'est mis à écrire des poèmes et des chansons dès qu'il sut aligner 3 mots sur un buvard puis trois accords sur un instrument (piano ou guitare). À 8 ans, il rentre au Conservatoire pour étoffer sa formation musicale.
Après un bac littéraire, Jean-Marie suit un double cursus de musicologie et de philosophie à la Sorbonne.
Il se met à écrire, dès cette époque, des textes qui lui valurent la réputation d’un homme doublement spirituel passant allègrement d’un genre humoristique à un genre mystique.
Dans ses sources d’inspiration, on pourrait citer La Fontaine, Brassens et Devos.
Pendant longtemps il a refusé d’imprimer ses œuvres sur papier, étant un adepte du principe d’impermanence et méfiant envers tout ce qui est commercial.
Si vous ne retenez qu’une chose de lui, c’est que c’est une âme partageuse et disponible.

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Hervé Outil
Membre
17 juin 2024 15 h 06 min

Ou peut-être encore Est-elle ensorcelée. En tout cas, je pense qu’il faut qu’elle aille voir un prêtre exorciste.

Hervé Outil
Membre
17 juin 2024 15 h 02 min

Cette femme n’est pas à aimer mais plutôt à fuir. Elle me fait penser à une perverse narcissique qui se plaît à faire du mal et à mettre à ses pieds tous ceux qui lui cèdent par amour. Mais c’est un très beau poème, très triste. Cependant dans la dépression on n’est plus nous-même. Alors peut-être n’est-elle que dépressive mais en tout cas c’est une grosse dépression.